|
Créé en 98 sur des bases thrash moderne, autour du batteur Julien et du guitariste Eric, AnormA a stabilisé deux ans plus tard son line up avec les arrivées de Risko et de Josquin, respectivement aux parties vocales et à la basse, qui ont orienté les influences du groupe vers les musiques industrielles. Conséquence directe de ce nouveau travail de mélanges et d'ouvertures, AnormA sort en 2004 son premier album "In destruction", un thrashcore indus qui prend ses bases chez Meshuggah, Skinlab et Ministry avec en plus quelques résonnances electro indus minimalistes. Après des années de maturation, de travail d'écriture et de réécriture jusqu'à ce chaque titre prenne l'aspect d'un palimpseste musical, AnormA expose une vision devenue particulière du monde musical: naviguant entre plusieurs styles de métal et une inspiration résolument industrielle, avec pour perpétuel souci de déverser dans les oreilles une violence qu'on ne veut pas entendre - celle d'une époque et société particulière, qui s'attaque au fondements psychologiques de l'individu pour le rendre semblable à la machine. Qu'on ne se méprenne pas, il ne s'agit pas de dénoncer des coupables mais de constater les dégats: pas besoin de futurisme pour entrer dans un univers glauque et malsain où les répétitions des gestes, des riffs sur des cadences destructurées ramènent à des tentatives de fuites intériorisées. De cette violence est resté une brutalité inhabituelle chez les groupes de métal-indus, pour des spasmes à l'image de Nostromo ou de Dillinger Escape Plan, couplés à un amour du bruit et du pilonnage qui ne se choisit pas de catégorie mais élargit sans cesse son catalogue de la noise au martial. Ce n'est pas un reflet exact du monde, mais une vision expressionniste que met en oeuvre le live d'AnormA: projections vidéos, performance scénique empreinte de noirceur et de violence, froideur et incommunicabilité.
|