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Forgin’Fate est un combo de Saint Rémy de Provence qui voit enfin son bébé « Antares » distribué par Brennus après avoir décroché une signature pour ce label.
Voilà un groupe de métal progressif qui ne se la pète pas mais qui fait du travail sérieux. 6 ans d’existence pour sortir un CD, on peut dire qu’ils ont pris leur temps mais trouver l’osmose entre les musiciens n’est pas chose facile et c’est ce qui a retardé les affaires pour FF.
En tous cas le voilà leur premier CD et je n’ai pas peur de dire que c’est un bijou, que dis-je ; un Diam. 24 carats carrément.
Chaque titre explore une facette du metal prog et la technique des zikos est mise au service de la mélodie et non l’inverse.
Quelques intro magistrales donnent un accent très épique à l’ensemble, comme sur « The wise way » qui met tout de suite les choses au point et nous montre le bon chemin en alternant les passages émotionnels avec les riffs endiablés. Et d’ailleurs, « Tribute to Athena » utilise à peu près les mêmes recettes sans tomber dans le piège de la répétition de ce qui marche. Le tout est soutenu par des claviers très présents ce qui est un petit peu la marque de fabrique du groupe. Ceux-ci sont utilisés discrètement sous forme de nappes mais s’affirment et deviennent endiablés quand le rythme s’accélère.
L’intro de Morphed into a beast est également très réussie avec un dialogue entre des gens qui découvrent une bête monstrueuse et en subissent l’attaque : réellement angoissant. La très longue partie instrumentale qui suit l’intro est très alambiquée puis tout s’éclaire avec un riff hyper percutant et groovy balancé au bout de 2 mn d’écoute. Les rythmiques de ce morceau sont incroyablement bétonnées et je vous recommande tout particulièrement les reprises de break très punchy qui parsèment la fin du titre qui est le plus dark de l’album avec « Tales from the middle age ».
Forgin’Fate fait passer beaucoup d’émotion dans ses compos et Fabien Barriol s’y emploie grâce à un chant toujours bien dans le ton sans recherche d’une performance vocale (Liberation aux BlastBeat à haute gravité, The Times That Goes By).
Le must de cet album c’est sans hésitation « Imminent Explosion », ce morceau démarre sur un riff ultra mélodique plutôt speedé et happy avant que les riffs ne l’alourdissent et les changements de rythmes ne se multiplient nous délivrant là encore des breaks survitaminés et un final grandiloquent ou la gratte se fait flamboyante.
La rythmique est également de qualité avec une basse , une batterie et une gratte rythmique qui sont complètement en phase pour délivrer les rythmes syncopés qui font ma joie et qui sont la marque de fabrique du combo.
La production maison d’André Montagnier et Vincent rame est très soignée et ne souffre pas de la comparaison avec certains ténors du genre.
Les 6 provençaux se débranchent pour exécuter, « The times that goes by » qui est un titre accoustique reposant sur une base de piano classique également merveilleusement exécutée par Nicolas Marco.
« Tales from the middle age » est très malsain, le chant se faisant Thrash et les clavier laissant planer une aura maléfique. Les riffs sont endiablés ou ralentis sur un rythme bluesy. Ce titre est le moins accessible du CD car assez déstructuré dans sa construction
Endless Life semble moins convainquant jusqu'à son refrain très catchy mais il accouche sur la fin d’une partie étonnemment émotionnelle où la gratte et le chant donnent des frissons jusqu’en bas de l’échine.
« Tribute to Athena » reprend un peu le rythme d’ « Imminent explosion » en plus mélancolique cependant et l’on mesure sur ce titre tout l’apport rythmique des claviers .
« Double conscience » ferme le ban de façon très convaincante et agressive notamment au niveau du chant tout en introduisant là encore quelques arpèges de gratte agréablement mélancoliques en fin de titre.
Il reste que j’aurais pour ma part quand même souhaité un final un peu plus grandiloquent pour clore un album d ‘une telle facture.
Les textes ne fleurent pas l’optimisme béat et sont très Dark comme le laisse imaginer les titres des 9 compos d’Antares. A noter aussi que le design et le livret de l’album sont très soignés et sont l’œuvre de Christophe Fauvel.
Forgin’Fate commence à se faire un nom dans le sud est et multiplie ses prestations scéniques car il a cette capacité à reproduire sur scène sans difficultés apparentes la complexité de ses compositions studio et parvient à accrocher les kids grâce à des rythmes soutenus et péchus.
Ne passez donc pas à côté d’Antares qui est un album qui réussi l’exploit d’allier les avantages inhérents à la complexité des compos avec une certaine simplicité dans les riffs ce qui permet à Forgin’Fate de ne jamais laisser l’auditeur en chemin sans pour autant le lasser. Assurément, il s’agit là d’un des skeuds français les plus marquant de l’année pour un groupe en devenir mais déjà plein de certitudes de bon aloi.
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