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Un malheureux guerrier armé d’une lance et d’un bouclier face à une armée qui s’étend à l’infini dans la plaine : voilà à quoi on ressemble quand on est seul face à un tel ouvrage à chroniquer ! Prés de 73 minutes de musique, 15 chansons qui forment un concept pour raconter une histoire de conquêtes et de batailles et une richesse phénoménale. Voilà pourquoi ma chronique ne paraît que maintenant alors que j’ai le cd depuis un bon bout de temps et je m’en excuse auprès du groupe. Mais ils comprendront facilement qu’un tel objet ne s’écoute pas comme un disque de musette.
Cet album est à prendre dans son ensemble, comme un domaine à conquérir à force de patience et d’ouverture d’esprit. Complètement désarçonné à la première écoute, il faut que l’auditeur en côte de mailles se cale dans un coin du château fort et qu’il demande à ce qu’on ne le dérange sous aucun prétexte. Le recueil se consulte d’une traite, profondément, avec attention.
Alors, la magie va s’opérer et les cœurs à la fois épiques et mélancoliques (A Furore Normannorum) vont côtoyer les passages fleurant bon la Contrée avec ses oiseaux et sa rivière, faisant presque oublier que le mal sournois guette.
Au fur et à mesure de la conquête vont apparaître des chants liturgiques (A fatal Omen) inquiétants et des passages limpides qui ne laisseront en rien présager de la « speedité » du morceau. Evidemment, la comparaison avec la référence en la matière est facile. Alors, comme c’est facile, je vais la faire : Avantasia de Tobias Sammet reste dans nos esprits, mais « Septentrion’s walk » est peut-être le disque que Sammet aurait dû sortir pour donner suite au chef d’œuvre Avantasia 1 à la place de l’insipide Avantasia 2…
La conquête ne fait que commencer et ce n’est pas les flots tumultueux ni l’orage qui arrêteront Charlemagne dans son avancée (Return of the long snake )… et toujours cette petite touche nostalgique et mélancolique qui revient comme un leitmotiv et qui fait la différence.
Le conquérant Seyminhol est très fort, puisqu’à côté de ça, des interventions boostantes à la double, genre Helloween (Return of the long snake) et des riffs épiques (And the north, now, had the ships) magnifient le combat. L’impression d’être au cœur de la bataille est réelle et on sent presque le souffle des épées sur la nuque… Attention ! Baisse la tête ! Ouf… on a eu chaud !
Le soir venu, le conquérant fait la fête dans une auberge moyenâgeuse où des damoiselles font des courbettes pendant que les ladres se pochetronnent en s’enfilant de la cervoise tiède. Et je peux vous assurer que la musique tralalilala qui accompagne la scène n’a rien de métal, mais ne quittera plus le heaume qui protège votre caboche ( Veizla ok Orykkja).
De ce métal épique mélodique et nostalgique, on retiendra le guerroyant « The bloody rempart » et sa basse tonitruante lorgnant plus vers Gamma Ray et se payant même le luxe de faire sonner la voix comme Dickinson sur les graves du couplet.
Une guerre marque l’homme à jamais et après avoir effectué celle-ci au côté du valeureux Seyminhol, vous ne serez plus jamais le même. Nous avons des maîtres en pays de France, des seigneurs de la composition chevaleresque, des bourreaux de travail, des bâtisseurs de cathédrale. Et si l’homme est un loup pour l’homme et que toutes ces batailles semblent futiles, la paix revenue nous apaise avec en son sein toujours cette mélancolie qui s’exprime de superbe façon sur « Breath of fate ». Lorsque la douceur féminine interprète un air aussi volatile et subtile que ça, les frissons sont garantis (attention, la voix masculine est également superbe), surtout avec les violons dégoulinant de feeling et de tristesse.
Une œuvre monumentale, longue à appréhender, mais tellement profonde ensuite… J’en suis encore tout retourné !
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