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Anthropia est vraiment un combo unique mené de main de Maître par Huges Lefebvre (« Hugo » pour les intimes), intrumentiste éclectique qui joue de tout sauf de la batterie. En plus de savoir excellemment jouer de 3 instruments, le très créatif antibois créé des compositions d’une richesse vraiment incroyable.
The Ereyn Chronicles – Part1 fait partie des albums marquants de cette année moribonde qu’est 2006. Il représente un chantier titanesque et mérite complètement le qualificatif « d’œuvre » avec un grand « O » même s’il trempe dans le « E ».
Le style employé par Anthropia pour générer un Opus aussi ambitieux explore tous les courants du Heavy en mariant le Progressif, le Symphonique ou même l’Atmosphérique, tout cela cohabitant symbiotiquement dans un chaudron « Metal » bouillonnant.
Avec un titre pareil, il est évident que nous avons affaire à un concept – album dont le background nous plonge dans un monde d’Heroïc Fantasy largement inspiré de l’univers de Tolkien.
En fait, Hugo, nous conte l’histoire d’un Héros dans un monde peuplé de forgerons, nains, esprits moqueurs, barbares, succubes et autres tel que l’a imaginé puis couché sur le vélin, Quentin Borderie. Afin de respecter la progression de l’album, j’ai délibérément fait le choix de le chroniquer titre par titre.
Ce chef d’œuvre démarre donc par un message de bienvenue sic ! « Welcome To Ereyn », dont l’orchestration grandiose, accompagnée de chœurs magnifiques et puissants, plante bien le décor magique de l’univers décrit plus haut. Une guitare bien Heavy imprime le ton avant d’être baignée d’une multitude de chants / gémissements pour un résultat vraiment très prenant !
Le deuxième morceau, « Question of Honour » claque sur mes enceintes comme un drapeau un jour de mistral et nous avons droit à une envolée ultra rapide de « Speed Métal » qui bâti un mur sonore impressionnant pour rapidement et astucieusement dériver vers un Heavy plus Progressif bien rythmé et très mélodique. Un très bon clip de ce morceau est disponible sur le site du groupe. On remarque que le chant d’Hugo est puissant mais aussi très varié et comportant quelques intonations à la James Labrie.
La suite, « Lord of a World », est un peu dans la même veine avec cependant moins de bonheur, la faute à trop de classicisme qui donne à ce titre une impression de passe-partout or nous ne sommes pas dans l’univers mièvre de Fort Boyard. Alors j’en conclus que ce titre, le point faible de l’album, manque d’ambition par rapport au reste.
En effet, sur « Through The Sleeping Seaweed », l’album se complexifie, par l’apparition de solos très variés musicalement, ainsi que d’arpèges de claviers très élaborées.
Les changements de tempo montrent bien la capacité d’Hugo à composer des morceaux très techniques, tout en conservant une structure mélodique qui leur permet d’accrocher l’auditeur sans le perdre en route.
La fin du morceau est également remarquable, car elle introduit progressivement une touche acoustique magnifiée par une partie de guitare sèche étincelante. Celle-ci est le trait d’union avec « Forgotten », ballade pleine de sensibilité dans laquelle, Hugo utilise toutes les ressources de sa formation classique initiale pour éclabousser ce skeud d’un jeu éblouissant de guitare sèche. Par instants, le ton s’alourdit pour évoluer vers un métal bien prog et pêchu.
« Lion Snake », montre une autre facette du combo en intercalant mélodieusement la douce voix de Nath, une chanteuse un peu dans le style de Liv Kristine ce qui oriente cette galette vers des rivages lyriques.
C’est le moment de passer au plat de résistance avec « Where The Secrets Lie ». Il s’agit du morceau le plus épique et progressif de l’album qui m’a fait penser à Andromeda, période 2=1 à cause du recours plus prononcé aux claviers . .
Ils se font très planants et le jeu de basse devient très fluide. Le chant est presque plaintif et léger contrairement au restant de l’album où il est en général beaucoup plus puissant.
Les sonorités et les ambiances sont vraiment très élaborées dans ce morceau qui est le masterpiece de « The Ereyn Chronicles ». .
L’ambiance de Noël semble transpirer dans une transition d’une minute pour amener au riff d’intro presque Thrash de « In the Maze of a Nightmare ». Ce titre est le plus musclé du CD et m’a vraiment mis une grande baffe dans la tronche. Il allie une richesse de composition à une puissance époustouflante. Sur ce titre, Anthropia change de tonalité ou de rythme toutes les 20 secondes. A tel point que quand il s’achève de façon grandiloquente, on a l’impression qu’il clôture l’album. .
Pourtant, le combo n’a pas épuisé toutes ses ressources, loin de là. En effet, « The Desert Of Jewels » porte bien son nom. On s’imagine plongé dans un lieu immensément désertique où règne le calme et une atmosphère très cristalline est créée. Ce titre est encore un joyaux de plus et arrive à point nommé pour nous offrir cette oasis de repos après le déferlement de décibels préalable. .
Il faut féliciter Hugo, l’alchimiste de cet album fabuleux.
On peut noter parfois un manque d’originalité (par exemple au niveau du choix du concept éculé de l’univers Héroico- Fantasy) ou un peu d’inexpérience dans les enchaînements sur certaines parties mais pour un premier Skeud, il s’agit plutôt d’un Scud qui déchire grave.
Cet album est donc la bonne surprise de cette fin d’année et reste un excellent 2006 ce qui récompense le labeur le travail titanesque qu’il y a derrière cette production.
Anthropia était au départ le projet d’un seul homme. Celui-ci s’est étoffé et devient un vrai combo dans lequel Huges occupe le poste de Guitariste/chanteur qui partagera le chant avec une nouvelle chanteuse .
A déguster bientôt en concert alors !
Des bonnes surprises de ce genre, on en redemande.
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