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Mais d’où sort ce groupe brésilien qui se permet après un unique CD de sortir un DVD enregistré lors de 2 concerts magiques les 11 et 12 novembre 2005 à Sao Paulo.
Moi qui vient d’avoir le coup du CD live après un unique album de la part d’Hydrogyn dont l’authenticité est plus que douteuse, j’étais sceptique en posant cette galette dans mon lecteur DVD.
Oui mais quand on voit la liste prestigieuse des guests qui y figurent, il y a de quoi tomber à la renverse.
Jugez-en plutôt, Kiko Loureiro s’est penché sur le berceau de Tribuzy mais vous me direz, c’est presque normal étant donné qu’il est brésilien. Il a même produit le CD studio « Execution » sorti en 2005.
Mais alors, comment ont pu se raccrocher à ce projet les Chris Dale, Mat Sinner, Roland Grapow, Roy Z, Ralf Schepeers et surtout l’intouchable ….. Bruce Dickinson himself. Certains ont collaboré au CD studio mais de là à les faire venir au Brésil pour monter sur scène, cela relevait du miracle.
En effet, Renato Tribuzy n’a pas une réputation qui a largement dépassé les frontières du pays des rois du foot.
Mais il est vrai que ce mec a drôlement de la suite dans les idées car à l’âge de 12 ans, il avait fondé son 1er groupe, spécialisé dans les covers de ….Iron Maiden (déjà).
Après avoir œuvré dans Thoten avec lequel il n’enregistra également qu’un seul album en 2001, Renato contacta Kiko pour lui soumettre l’idée de ce projet au départ solo.
Il s’entoura de Chris Dale pour produire cet excellent album de heavy mélodique puis forgea le projet de le défendre sur scène en compagnie des ténors du metal précités.
Il y a pensé et il l’a fait car incroyablement, pratiquement tous ceux qu’il a contacté ont répondu présent pour ce mec pratiquement inconnu mais incroyablement décidé.
Côté groupe à proprement parler, Renato a paradoxalement fait appel à des amis plutôt qu’aux meilleurs musiciens de Heavy Metal brésiliens comme le reconnaît son guitariste Gustavo Silveira. Ceci démontre que si ce mec est fasciné par ses idoles, il n’en demeure pas moins qu’il a de grandes qualités morales.
Pour en venir au DVD proprement dit, est-ce que Tribuzy avait réellement les moyens de ses ambitions ? Sans hésiter je réponds OUI ! ! ! ! !
Ce « Execution Live Reunion » est vraiment une bombe ! les guests ne sont pas venus faire de la figuration et l’on ressent un immense plaisir de tous d’être sur scène ensemble.
Bien entendu la set list repose presque exclusivement sur le CD studio de Tribuzy puisque seuls « Lake Of Sins » et « The Means », un titre Bonus japan ne sont pas joués. Le seul écart réside en la cover de « Tears Of The Dragon » de l’album « Balls to Picasso » de Bruce Dickinson. Ca ne pose aucun problème car les morceaux de cet album que je ne connaissais absolument pas sont des tueries.
Que ça oit au niveau des riffs assassins ou des soli destructeurs à 2 voire même à 3 gratteux, c’est vraiment du tout bon.
Renato est un excellent frontman sur le plan du jeu de scène mais surtout de par ses qualités vocales remarquables que l’on peut immédiatement juger sur un « Agressive » qui porte bien son nom. Son groupe de musiciens du cru presque anonymes n’est pas en reste avec une section rythmique de feu (Flavio Pascarillo – à la batterie et Ivan Guilhon à la basse) et surtout un duo de 6 cordistes plein de virtuosité formé de Frank Schieber et Gustavo Silveira. Pour compléter ce line-up, Renato a fait appel à son pote claviériste « Sidney Sohn » qui tire son épingle du jeu sur « Nature Of Evil » et avec un rythme de salsa brésilienne pour « Absolution » ou sur un sympathique passage de piano ajouté à « Tears Of The Dragon ».
Kiko Loureiro est le 1er à apparaître au côté du groupe et fait parler la poudre sur « Forgotten Time » à partir d’une très jolie gratte noire et ciselée.
Mat Sinner les rejoint pour un « Nature Of Evil » sur lequel sa performance vocale peine à soutenir la comparaison avec celle de Renato. On reverra Mat, vêtu d’un maillot aux couleurs de l’équipe d’Allemagne de foot (même pas peur ! ! !) et bien plus à l’aise avec un manche de gratte entre les mains sur « Final Embrace ».
Ralf Scheppers prend possession de la scène et surtout du micro sur le très lourd « Absolution » . Il est vêtu d’un magnifique ensemble T-shirt + pantalon de toile noir aux superbes ramages tribaux (on se croirait à un défilé de mode). Il n’a cependant pas besoin de ces artifices pour cueillir au menton le pit sur ce titre à 2 facettes car tout d’abord sur un rythme de lente salsa triste puis à coups de riffs énormes avec l’apport de la gratte de Roland Grapow et le relais de Renato au chant.
Ralf recueille tous les suffrages à la fin de « Final Embrace » quand le public se met à scander « Primal Fear » auquel il répond « Do Brasil ».
Bruce Dickinson fait son entrée devant un public incrédule pour son morceau solo « Tears Of The Dragon » accompagné de Chris Dale qui a exécuté toutes les parties de basse du CD « Execution » et de Roy Z qui a participé à sa production.
Si le chant de Renato montre quelques signes de fatigue sur les passages aigus de « Web of Life » avec un chant qui devient haché (ce qui n’est pas le cas de Roland Grapow sur le solo de ce titre), il se retrouve complètement car poussé dans ses derniers retranchements par Bruce Dickinson sur le morceau final que Renato avait composé tout spécialement en pensant à lui : « Beast In The Light ». A croire que Bruce est le dopant de son jeune élève. Roy Z est toujours sur scène pour ce final très épique et délivre des soli hallucinants qui achèvent définitivement un public ravi.
C’est l’aboutissement de 4 ans de travail pour Renato qui s’achève sur 1h de video d’un niveau époustouflant comme quoi les rêves peuvent parfois se réaliser.
Les bonus de ce DVD ne sont pas légion avec une gallerie de photo et par contre un intéressant making of qui montre la conviction tranquille mais fervente de Renato pour constituer cette Dream Team du Metal mélodique et surtout parvenir à la mettre en musique de façon à sortir un produit d’une aussi bonne qualité dans lequel, rien n’est à jeter.
Note : 18.0/20
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