Interview de Carnival In Coal

par notre reporter Lucas

8 juin 2005


1. Pouvez-vous nous présenter le groupe pour ceux qui ne vous connaissent pas.

Axel : Eh bien, nous sommes Carnival in Coal, et nous sommes un duo, un peu à la manière des Sparks, de Pet Shop Boys ou de Yello. Nous proposons de la musique extrême inclassable et hybride depuis 1995 et nous avons sorti en tout 4 albums depuis 1999, le dernier en date étant " Collection Prestige " qui sort chez Earache le 27 juin de cette année.
Par ailleurs, nos trois albums précédents font l'objet d'une réédition dès septembre chez Equilibre/Osmose.

2. Pourquoi Carnival In Coal ?

Arno : La plupart des noms que nous aimions étaient déjà pris, et tu sais quoi ? Il nous est arrivé la même chose qu'à Metallica, mais dans l'autre sens. On connaît tous cette fameuse histoire du gars qui avait montré une liste de noms potentiels pour son fanzine à Lars Ulrich, parmi lesquels figurait " Metallica " qu'il a sournoisement gardé sans piper mot. Et bien il nous est arrivé la même chose : nous avons un jour soumis à un pote une liste de noms de groupes pour qu'il nous donne son avis, et il en a gardé un pour son webzine. A l'heure qu'il est nous devrions nous appeler " Violent Solutions ", mais peu de gens le savent.

3. Votre dernier album en date est " Collection prestige ". Comment s'est passé son enregistrement ?

Axel : nous enregistrons au Walnut Groove Studio (www.walnutgroove.net) depuis toujours, et comme le studio évolue avec le temps nous avons à chaque nouvel album un peu plus de moyens techniques pour arriver à nos fins plus rapidement. En fait le plus compliqué c'est de trouver du temps pour Carnival entre les différents groupes qui enregistrent là ! Nous avons abordé cet enregistrement avec la volonté de mettre en avant l'aspect purement humain de notre musique, en s'éloignant au maximum des programmations systématiques des albums précédents. Pratiquement tout est joué avec de vrais instruments (hormis la batterie), y compris les violons, et ça donne beaucoup plus de chaleur et de cohérence à l'ensemble.

4. Où trouvez-vous les sources d'inspiration pour l'écriture de vos textes ?

Arno : La télévision est ma source d'influence principale. La vie aussi, mais un peu moins, car je sais que tout y faux et fabriqué. Je m'inspire donc de ce qui se passe dans le monde, et que l'on nous montre au journal télé. C'est important de pouvoir avoir un avis impartial comme celui des medias pour savoir au juste où va cette toute petite planète.

5. Qui est-ce qui compose dans le groupe ?

Axel : c'est souvent moi qui propose des arrangements de base à Arno en tout premier lieu, puis nous discutons ensemble de la direction que cela peut prendre. Chacun apporte ses idées, et le morceau se construit petit à petit. Parfois aussi je viens avec un morceau presque terminé, mais j'aime bien avoir l'opinion d'Arno car il a plus de recul que moi et il parvient souvent à faire emprunter à mes arrangements une direction inattendue, comme ce fut le cas sur DOA…puis vient le chant, Arno compose toujours ses lignes de voix quand la musique est finalisée. Ensuite nous réécoutons le morceau trois fois et faisons un vœu.

6. Votre musique véhicule-t-elle un message particulier ?

Arno : Comme tu l'imagines certainement, le gigantesque patchwork que représente la musique de CinC est un peu une façon pour nous d'encourager les gens à l'ouverture d'esprit. Une façon comme une autre de dire : " Durant toute la vie on nous gave de conventions et de figures imposées, alors ne vous imposez pas cela dans la musique que vous écoutez ".

7. Quelles sont vos influences majeures ?

Axel : toute la musique du 20e siècle, de Stockhausen à Rick James. Beaucoup nous considèrent comme les héritiers de Frank Zappa, de Mr Bungle, il est vrai que ces artistes nous ont orienté vers un certain surréalisme musical. Ce nouvel album est aussi quelque part un hommage à un groupe black metal nommé " Ringless Witches Hands " que nous avons découvert bien avant de commencer Carnival. Ils avaient sorti une rehearsal tape dans les années 90 sur un petit label, et ça avait été pour nous un choc, on n'avait jamais entendu un truc aussi rapide et violent ! On a récupéré un extrait de cette k7 qui est placé à la fin du morceau " Satanic disaster ". Certains titres de cet album ont donc une tonalité plus " black " qu'auparavant.

8. Parlez nous un peu du titre et de la pochette de l'album ?

Arno : Tu l'as évidemment remarqué, le titre et l'artwork sont très éloignés des clichés metal. C'est notre version à nous du luxe de supérette, des chocolats de l'ambassadeur, des compiles de " grande musique " à 4.99 € …

9. Niveaux concerts, comment se passent ils ?

Axel : ils ne se passent pas malheureusement puisque nous ne sommes que deux et n'avons ni les moyens logistiques ni le temps d'organiser ces choses-là. En revanche, alors que nous étions catégoriques sur ce sujet à nos débuts, l'idée nous titille un peu et nous n'y sommes plus opposés. Mais étant donné le nombre de musiciens à embaucher, le temps et l'argent à consacrer à la préparation d'un show (nous ne vivons pas de Carnival), ce n'est pas demain la veille si tu me permets l'expression, très jolie au demeurant.

10. Que représente la scène pour vous ?

Arno : Un espace surélevé sur lequel des artistes se donnent en spectacle devant un public. Nous allons souvent voir des gens se produire sur scène, c'est agréable. Parfois même, ce sont des amis qui s'y produisent, alors nous sommes fiers d'eux et applaudissons à qui mieux mieux.

11. L'affiche dont vous rêvez ?

Axel : Cette très jolie affiche italienne de " The day the earth stood still ", dont les couleurs iraient à merveille dans ma cuisine. Il n'y en a que 5 exemplaires dans le monde !
Bon, plus sérieusement, mon affiche préférée ? Que des gens morts ou séparés ! Frank Zappa, les Ramones, The Police, Miles Davis…

12. Quels sont vos futurs projets ?

Arno : J'ai rendez-vous ce midi avec un pote que je n'ai pas vu depuis longtemps, qui en fait est un ancien collègue de ma copine. Comme nous nous entendons bien et que nous ne nous voyons pas régulièrement, il m'a passé un coup de fil la semaine dernière pour prendre des nouvelles et nous avons convenu de manger ensemble aujourd'hui. Les projets immédiats du groupe sont d'une tout autre envergure : dans l'ordre, nous allons terminer la promo pour " Collection Prestige ", remettre le couvert assez rapidement afin de ne pas laisser passer quatre ans entre cet album et le prochain, et enfin asseoir notre orchestre au sommet de la hiérarchie du rock n'roll pour les quinze prochaines années. On nous a souvent décrits comme " Abba sans les deux putes ", et je nous souhaite la même carrière.

13. Un dernier mot pour la fin ?

Axel : le dernier mot sera " thrombopoïèse ".

[ Reporter ] - Les Accros du Metal