Interview de Trepan' Dead

par notre reporter Arctumeda ( Par Mail )

12 Aout 2008


1) Bonjour Trepan' Dead. Comment est le moral après ce début de tournée ?
Chris : Et bien l’moral est bon merci de t’en inquiéter ! Mais la tournée n’est pas commencée puisque cela débute le 17 juillet. De plus nous devions faire une douzaine de dates avec Mesrine et Roger More mais on a eu quelques problèmes de disponibilité a cause du taf de Manu, donc du coup on ne fait que quelques dates en week-ends, mais en se préparant pour un petit périple vers avril 2009 avec les gaillards de Yattaï, mais on n’en recausera plus tard…

2) Comme je le disais plus haut, cela fait 10ans que le groupe existe, et vous commencez a être connu du public français. Pourquoi alors ne pas envisager une grosse tournée européenne ?
Chris : Oui dix ans mais avec pas mal d’années de galère de local, de line-up… mais c’est vrai qu’en trois réalisations on a réussi à ce faire un peu d’écho dans la scène française mais aussi européenne. L’avantage du réseau underground, c’est que tu peux faire circuler ton son, avoir des retours promo un peut partout sur des fanzines, webzines, radios. Puis tu échanges tes productions avec d’autres groupes ou des distros, du coup ta musique est véhiculée. Résultat si tu fais du son qui intéresse un minimum et bien tu t’installes petit à petit. Maintenant faire une « grosse » tournée européenne je ne vois pas trop ce que tu veux dire … pour nous la musique est une passion, une aventure qui nous permet de consommer et concrétiser une utopie, celle de faire du bruit entre potes. Nous espérons bien repartir tourner en Europe et surtout vers l’est, car l’expérience de l’été passé partagée avec les gaillards de HCF, nous à bien booster les cervelets ! Puis il ne faut pas perdre de vu que nous sommes les artisans de tout ce qui fait trepan’dead, on en est les acteurs à tous les stades et à différents degrés en fonctions des individus, mais organiser une tournée c’est du temps, de l’argents aussi, donc ce sera certainement plus de l’ordre de la dizaines voir quinzaine de jours, pour rester en phase avec nos réalités !

3) En parlant de pays, suite a la sortie du fameux film français spécial bof, comment supportez – vous cette étiquette « Made in Ch’Tiland » ? Pourquoi ne pas envisager des actions a l’encontre de ce phénomène ? (albums plus engagés … )
Chris : Spécial bof ? bof comme pas terrible ou bof comme film d’arriéré ? Je n’ai sûrement pas pris ce film comme étant le reflet du Nord mais bien comme une fiction caricaturale qui tire sur certains gros traits de l’imagerie du chti, bref c’est du spectacle qui met en scène des éléments de sympathie propre à notre région, avec l’humour de Boon, donc aucune raison de s’indigner... Et le nord, c’est aussi ça parfois ahahah ! Puis il y a très certainement beaucoup de vraies occasions de s’offusquer et de s’engager que cette comédie ma fois plutôt réussie …

4) En parlant de Notoriété, avec quels groupe de Grincore vous entendez – vous bien, étant donné que le Métal extrême tend de plus en plus vers la soupe de supermarché ?
Chris : Il y en a plusieurs tu te doutes… maintenant je ne suis pas certains que l’extrême tend à être de la soupe ou alors c’est que t’achètes tes skeuds en supermarché toi ahahah. La scène Underground ne fait qu’enfanter des groupes qui te démolissent l’arrière train, faut aller chercher cela, écouter autres choses que ce qui est surproduit, sur-médiatisé, être curieux quoi ! En ce moment, et pour te citer quelques noms, j’écoute Ass to Mouth qui viennent de pologne, fehlgeburt d’Allemagne, Jigai de Tchéquie, Looking for an answer d’Espagne, PLF, Insect Warfare au texas, les Français de yattai, Nolentia, HCF, Inhumate, SCD, blockheads, Goryptic, Infest, Benighted et tant d’autres te proposent bien autres choses que du métal aseptisée ! La scène underground n’est pas une scène handicapée car moins médiatique, elle n’est pas UG car pauvre et secondaire, mais bien parce qu’elle est plus alternative et extrême tout simplement ! En gros, si tu trouves tes sons en grandes surfaces, dans les boutiques franchisées, t’es quasi sur de bouffer du lyophilisé !

5) Pour partir su un autre sujet, j’ai remarqué que la durée de vos albums, comme tous ceux de bon Grincore, est très courte. Malgré les années, vous n’avez pas été surproductifs comme certains. Quelle durée fait donc votre set live, et comment faites – vous pour atteindre cette durée ?
Chris : Hum, notre premier opus Obsessional Dysfunctions sortie en 2006 faisait 40mns, et cet Anonymous grindoholics regroupes les titres qui figurent sur le split avec Mesrine et Roger Moore, il a donc une durée adaptée au temps de musique que nous avions par groupes sur le support, c’est à dire 15mns. Ensuite oui c’est du grindcore donc les titres sont courts, et une bonne demi-heure de brutalité ça peut être très efficace !!! Alors ensuite c’est vrai que nous avons pris le temps pour poser du son en studio, pour diverses raisons, mais nous avons toujours joué et composé. En concert, la durée du set dépend de ce qu’on nous demande, on joue en général entre 30 et 45 minutes. Dans le set actuel il n’y a tous les titres de AG ainsi que des nouvelles compositions et on ne reprend que trois chansons de OD sur la setlist, c’est volontairement tournée vers la nouveauté, histoire de roder les sons en live et puis parce que c’est bien meilleur à jouer !!!

6) Le fait d’avoir deux vocalistes n’est pas un peu gênant en live pour ce qui concerne la dynamique du groupe ?
Chris : Au contraire, ça chie d’autant plus ! Avec mon frangin Boub, on est comme deux gladiateurs épileptiques, une fois sur le bois, on est au combat, au front, le bras armé de 58, on s’efforce de servir au mieux le son que nos potes derrières assènent à grands coups de décibels, faut que cela chie et que les gens en face se prennent une bonne grosse dose d’énergie et de plaisir ! De plus deux voix, en plus d’être deux corps gesticulant en live, c’est surtout une multitudes de cris, de hurlements, de fréquences qui s’harmonisent ou qui s’opposent, bref, tu illustres au mieux la furie et le double chant, qui est je crois une des particularités de Trepan’Dead, nous permet de faire cela.

7) La pochette de votre dernier album est vraiment étrange. Qui en est l’auteur et quelle est sa signification ?
Chris : La pochette d’Anonymous grindoholics est un travail fait par un pote, Mathieu Saimson, graphiste et dessinateur de BD. Il se trouve que j’avais bloqué sur sa production artistique et que dans le groupe on avait envie de décliner l’idée de conditionnement, de manipulation mediatico-politique, qui pousse l’individu à la paranoïa, à la schizophrénie, par le traitement du dessin pur. Et cela donne cette pochette succulente ou ce mêle odeur de cave et de laboratoire, de cervelle et d’urine de rat ahahahah !!!!

8) J’ai remarqué que l’enregistrement était bon, pourtant vous semblez jouer a très fort volume en live. Comment s’est donc déroulé cette session d’enregistrement, et quels moyens avez – vous employé ?
Chris : L’enregistrement de ces 8 titres a été fait de façon brute, quasiment live, en moins d’une semaine mix compris. On à voulu tester cette approche du recording pour essayer de mettre un max de rage comme celle que tu peux avoir en jouant sur scène. Cela donne un son pas exempt de tout reproche mais qui nous permet de voir comment la prochaine fois on pourra travailler en studio. Sinon on a bossé cette fois encore avec Ugo Sanna, guitariste de goryptic qui nous connaît par cœur et chez qui c’est toujours une joie de squatter avec nos instrus et nos bières ahahahahah !

9) Bon, je vous laisse le dernier mot pour vos fans français .
Chris : Et bien gardez la rage et soutenez l’underground ! et pour toutes infos, passez sur www.myspace.com/trepandead !
Sound carnage !!!!

[ Reporter ] - Les Accros du Metal