Au mée-sur-seine se tenait les 24 & 25 février le Metal Fest #4 avec 8 groupes :
Vendredi : Sihia, Twisted Drive, Laid Down, Headcharger (remplaçant Lik...id)
Samedi : Ovity, Munshy, Pitbulls In The Nursery, No Return.
Vendredi 24 février 2006 :
Sihia :
Sihia, groupe ayant déjà partagé la scène avec Psykup, Tripod ou Domb ouvre la scène du
Chaudron ce soir devant une salle à moitié remplie. Le style de Sihia se situe à la croisée
du rock et d’un neo hardcore ; des passages mélodiques et des passages plus énervés, bien
lourds comme on les aime. Et c’est justement ce qui peut gêner avec ce groupe, parce que les
passages énervés sont vraiment bons, de plus le chanteur a une voix saturée vraiment
excellente, mais ces passages sont beaucoup trop rares à mon gout, et les chants clairs
ont tendances à me porter très vite sur les nerfs. Mais pour qui sait apprécier ce genre
musical, il faut reconnaître au groupe le talent d’utiliser plusieurs genres avec brio. Sur
scène vraiment à l’aise, le groupe envoit bien, surtout le bassiste qui a un style dont je
suis totalement fan.
Seul petit bémol avec le son d’une des guitares qui merdait un peu au début du set mais
l’ingénieur du son a eut vite fait de réparer ça.
Twisted Drive :
J’avais découvert ce groupe il y a quelques mois dans le 92 au Tamacore #5 avec Bomb Scare Crew
et Swatt, et ce fut la grande surprise car je ne m’attendais pas à cette qualité… Et
Twisted Drive est revenu ce soir avec une prestation encore meilleure, un son nikel et une
musique plus émotive que jamais. Plus j’écoute ce groupe plus je me dis que la partie
instrumentale est vraiment bien trouvée et qu’elle colle parfaitement avec les voix des
chanteurs particulièrement torturées… En fait l’on peut comparer TD à Envy ou au dernier
Cult Of Luna ; et je serais même tenté de dire que c’est de même niveau. Le seul problème ce
soir ne venait pas du groupe mais du public, en effet la salle s’est preque totalement vidée
après Sihia… mais il est vrai qu’il faut être un adepte du genre pour apprécier tellement ce
genre est à part.
Laid Down :
J’ai vu ce groupe déjà pas mal de fois en concert, et de concerts en concerts j’étais
agréablement surpris de leur prestation, qui devenait de plus en plus impressionnante !
Mais ce soir le groupe ne nous a pas offert le même régal qu’à leur habitude, ce qui est bien
dommage parce que leur son ne souffrait d’aucun défaut. On ne les sentait pas vraiment dedans,
ils éxécutaient bien leur compos mais ils étaient moins à l’aise que d’habitude, et en fait après
coup j’ai appris que le chanteur avait une rinopharingite, ce qui expliquait pas mal de choses,
surtout que Laid Down donne dans un neo hardcore plutôt intense, on comprend que ça devient
plus difficile pour le chanteur. On ne peut leur en vouloir et même plutôt applaudir la
performance car le chanteur a tout de même pû assurer de façon impressionnante compte tenu
de son état. Malgré les efforts du groupe pour assurrer leur set ils ont dû écourter leur
set de 3 chansons.
Headcharger :
2 jours avant le Metal Fest, Headcharger était annoncé pour remplacer Lik…id. Et ils
l’ont fait de façon admirable… Même les balances étaient impressionnantes…
Headcharger donne dans quelque chose qu’ils définnissent eux-mêmes comme de l’hardcore n’ roll,
et c’est vrai que ça colle pas mal à leur style, très rock n’ roll en plus violent. Les riffs
sont vraiment géniaux, ça décoiffe sérieusement… Le chanteur est quelque peu flippant avec ses
airs de psychopate (les lumières y sont pour beaucoup en fait) mais ça rentre carrément dans
l’atmosphère musicale du groupe. Le headbang massif était au rendez-vous même si la salle
s’était pas mal vidée, mais il faut imputer ça au fait que le groupe n’était annoncé que
2 jours avant et également au fait que le concert s’est terminé à 01h00 donc forcément si
des personnes devaient prendre un train ça devenait difficile à une heure du matin.
Samedi 25 février 2006 :
Ovity :
C’est Ovity qui ouvre les hostilités, de l’excellent punk hardcore pour commencer cette soirée,
et ça motive pas mal le public qui a l’air plutôt réactif. On retrouve le bassiste charismatique
de Laid Down, et un guitariste fretless qui se fait vraiment plaisir. Et en parlant de se faire
plaisir, le chanteur est toujours aussi sympathique et souriant sur scène, ce mec a vraiment un
jeu de scène excellent, il se donne à fond, ce qui motive d’autant plus le public. Les musiques
d’Ovity sont vraiment homogènes et particulièrement entrainantes, très vite on entend des
personnes du public qui chantent en chœur avec le chanteur. Ovity a tout pour plaire et
visiblement tout le monde aime, même ceux qui, à la base, seraient plus adeptes d’autres
styles, comme moi.
Munshy :
Munshy est une sorte d’extra-terrestre dans la scène metal française, le groupe est une fusion
de tellement de genres différents qu’on ne pourrait le définir. Il faut préciser que Munshy a
gagné la finale européenne de l’Emerganza, que le groupe a joué avec des groupes comme Eths,
The ARRS, Lofofora, Domb, ou encore AQME (tout de même …). Ce soir le groupe bénéficiait d’un
son énormissime, c’était vraiment jouisif… Dès la première musique le groupe impose directement,
c’est vraiment impressionnant le niveau de maitrise des musiciens, et lorsque la chanteuse
commence à chanter, ça donne vraiment toute la dimension à leur musique tellement elle est
charismatique. Pourtant les musiciens ne sont pas en reste, on voit qu’ils sont taillés pour
la scène ; et mention spéciale au bassiste avec son jeu tout en slap extrêmement sympathique.
C’est vraiment une musique à découvrir, et même si elle ne plait pas à tout le monde, Munshy
avait ramené pas mal de monde ce soir.
Pitbulls In The Nursery :
Première remarque, la salle paraît bien vide comparée à ce qu’elle était à Munshy…
La première fois que l’on voit Pitbulls In The Nursery en concert, on sait directement à quoi
s’attendre à cause d’un « petit détail », le chanteur, un Viking de 2 m… Et en effet PITN
est comme on l’imagine, effet rouleau compresseur, musique aggressive et incisive, avec un
chant typé brutal death/grind ; pourtant PITN n’est pas que du simple brutal death, on sent
une grosse influence Metal hardcore et même de la musique orientale, d’ailleurs ils ne nous
ont pas fait le plaisir de jouer leur morceau avec une cithare qui aurait laissé pentois
n’importe qui tellement il est admirablement structuré. On ne saurait dire lequel du groupe
est le plus doué tellement ils sont tous géniaux, des guitaristes qui tapent des plans de folie,
un batteur qui envoit une double pédale sur orbite, un bassiste et un chanteur qui
terroriseraient tout un public.
Scéniquement et techniquement très impressionnant, ce groupe est d’or et déjà un des
plus gros groupes français qui aura confirmation de ce status très rapidement avec la
sortie de leur album.
No Return :
Groupe de death français devenu culte au fil des années, et l’on comprend pourquoi quand on
les voit sur scène… Monstreux, c’est le mot ! Et dans le bon sens du terme bien sûr… Le groupe
envoit la sauce sans relache, sans laisser au public (qui pouvait presque se compter sur les
doights de la main) le temps de souffler, mais qu’importe, les quelques « vrais » qui sont
restés se sont donnés à fond, ce qui fit visiblement plaisir au groupe ! Le chanteur est même
venu dans la fosse à la fin du set pour venir chanter avec les privilégiés qui étaient restés !
Pendant ce temps-là les zikos envoyaient sévère derrière, il y a du génie dans la musique de
No Return, c’est indéniable, des riffs tranchants qui restent dans la tête, un bassiste 6 cordes
qui n’a pas 6 cordes juste pour l’esthétique, des solos géniaux, enfin que dire de plus,
c’est vraiment énorme quoi … Les dernières songs s’enchainent, un pogo se lance entre la
dizaine de mecs qui étaient là ; et c’est déjà la fin du set, mais nous n’en avions pas
décidé ainsi, et devant la « foule » scandant « No Return, No Return » (c’est ironique non ?)
avec des hurlements énergiques le groupe est revenu jouer le rappel !!
Il est 1h20, les lumières se rallument dans la salle, la petite dizaine de metalleux
rejoint la sortie après avoir félicité le groupe.
A noter que No Return vient de sortir un nouvel album… Donc avis aux amateurs.
Pour ma part ce fut un fest énorme, presque intimiste, donc pas de mention pour le public par
contre mention spéciale pour tous les bassistes charismatiques que l’on a pû voir sur ces 2
jours (Sihia, Laid Down/Ovity, Pitbulls In The Nursery, Munshy, No Return), impressionnants
les mecs ! Un grand merci à la salle du Chaudron, aux organisateurs pour avoir réunis autant
d’excellents groupes sur les 2 jours, et à tous les groupes pour avoir procuré autant de bonheur ! Un fest d’anthologie, à l’année prochaine pour le même !
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