Pris dans les embouteillages lyonnais (mais il est vrai que les bouchons Lyonnais ont fait la réputation gastronomique de cette cité lumière), nous ratons le début du Set de Firewind et c’est bien dommage pour nous.
Les grecs offrent une prestation de heavy mélodique à tendance FM d’une grande qualité.
Emmenés par Apollo Papathanasio, un chanteur très efficace et capable de délivrer des parties rocailleuses ou d’autres bien plus aigues, Firewind parvient très vite à se mettre les kids dans la poche. Il faut dire que côté gratte, avec Gus G, c’est du haut de gamme aussi avec, en particulier, une démonstration très efficace sur un instrumental punchy.
Les titres renferment une bonne dose de groove et contrairement au concert d’Evergrey dans les mêmes lieux il y a 15j, le son est d’excellente qualité pour la première partie et les lights mettent bien en valeur le combo.
« Falling To Pieces » du dernier album fait un malheur avec son intro aux claviers à la Baba O Riley des Who et un rythme très entraînant qui provoque les premiers slams de la soirée.
Firewind enfonce le clou avec le très speed « Till The End Of Time » pour lequel le public est invité à donner de la voix pendant que la gratte de Gus G est survoltée et que les cymbales en forme de trèfles à 4 feuilles de Mark Cross virevoltent à qui mieux mieux.
Le combo termine ce gig par un « Tyranny » très puissant qui donnera envie à ceux qui les ont découverts ce soir, d’approfondir la discographie des grecs.
Setlist Firewind (partielle): Falling to Pieces – Till The End Of Time - Tyranny
Manigance n’a guère plus de place que Firewind pour évoluer sur la petite scène du transbordeur «Formule club » oblige. Comme à chaque fois que je les ai vus évoluer, les diesels Pallois peinent à démarrer leur set. La faute sans doute à un « Envahisseurs » sans doute trop progressif et comportant un long break qui ne permet pas de prendre le pit à la gorge. Didier Delseaux semble un peu en dedans et même Bruno Ramos est surpris à rater un enchaînement à la gratte.
Pourtant, l’engouement des lyonnais pour ce groupe et un « Mourir en Hero » dévastateur vont lancer le show. Sur ce titre, le break de clavier est mis à profit par Didier pour jouer avec le public et rebondir tandis que Bruno et François Merle deviennent carrément étincelants en joutant à la gratte pour finir par s’associer sur un double solo éblouissant.
Manigance remonte le temps avec « Ange ou Démon » sur lequel Didier montre qu’il est bien en voix et lorsque son chant en français monte dans les aigus, il exprime des tonalités à la JJ Goldman mais heureusement dans un tout autre registre. Les claviers se font furieux et la rythmique bastonne, ce titre se terminant par un « presque » Blast Beat de Daniel Pouylau dont le jeu devient tribal à l’intro de « Prédateur ». Ce morceau est une bonne occasion pour mesurer l’opposition de style entre les duettiste Bruno plutôt coulé et François plus agressif et brut.
Le rythme se ralenti sur un « Maudit » hyper plombé. Yann, l’ingé son auteur d’un mix remarquable par ailleurs, nous prive cependant des débuts de solo de guitare par un petit retard à l’allumage au moment de pousser les décibels.
« En Mon Nom » est bien moins percutant mais Didier relance la machine en chauffant le pit par un « Lyon est une ville qui gagne ! ! » et grâce à l’aide Florent Taillandier dont les claviers deviennent très travaillés et de François qui change de guitare pour délivrer un son plus thrash et tranchant sur Prison dorée.
Manigance termine ce show par un « Privilège » overspeedé et à ce propos, la setlist de ce soir aurait peut-être gagné en puissance si plus de titres speed y avaient été inclus.
Qu’importe, cette song dont les textes sont beaucoup plus optimistes, nous offre une opposition clavier/grattes limite impro avant que Bruno ne cloture cette prestation en trombe avec un solo « Dragonforcien ».
Une standing ovation lyonnaise saluera la perf du meilleur groupe français de heavy mélodique.
Setlist Manigance : Envahisseurs – Mourir en Héros – Ange ou Démon – Prédateur – Maudit – En Mon Nom – Prison Dorée - Privilège
Une très longue attente précède l’arrivée sur scène des rois de la pose, j’ai nommé Dragonforce. Celle-ci nous donne tout le loisir d’admirer la superbe batterie de Dave Mackintosh dont les 6 cymbales sont suspendues à un tube, partie d’une structure ressemblant à un échafaudage et l’enfermant presque dans une cage argentée.
La faute de ces 45 minutes d’attente sera incriminée à un micro récalcitrant générant l’affolement des techniciens autour de la table de mixage débranchant et rebranchant moult câbles électriques. A l’extinction des feux, les techniciens prendront encore 7/8 mn pour tester les lights. C’est dire l’impatience qui aura gagné les kids au moment où les anglais de Dragonforce investissent la scène.
Sur le 1er titre « Blackfire » le son est pourrave mais s’améliorera bien vite. Par contre quelle progression depuis une première partie d’Edguy à Montpellier en début d’année. Le combo est désormais bien rodé sur scène et en particulier Z P Theart a pris beaucoup d’assurance et fera preuve d’un charisme étonnant pendant tout le set.
Les zikos ont moins de place qu’au Rockstore aussi les sauts de cabri sur leur plateforme installée en limite de scène seront bien moins impressionnants mais également moins systématiques. Ca démarre à la vitesse de la lumière pour le groupe le plus rapide de l’ouest. l’asiat. Herman Li et l’efféminé Sam Totman au jean hyper cintré et taille basse sont incroyablement doués pour jouer aussi rapidement. Les solis simples ou doubles sont ébouriffants. Bien sur les 6 britanniques (ou plutôt 5+1 puisque le bassiste n’est autre que le français Fred Leclerc, l’ex heavenly) en rajoutent beaucoup avec des petits coups de talons dans les grattes ou dans les fesses du partenaire, le jeu à 2 mains délaissant complètement le manche et leur ballet incessant sur la petite plate forme précitée.
Operation Ground and Pound permet à Vadim Pruzhanov le claviériste de se mettre en valeur pendant que Fred éructe quelques paroles en chant Death ce qui devient la mode dans les combos mélodiques. Le contraste est saisissant avec un ZP Theart qui a perdu ses poignées d’amour naissantes et dont le chant clair est remarquablement assuré. Son plaisir ultime est d’arroser le public de flotte , voire de la lui cracher directement dessus ce que nous ne trouvons pas du meilleur goût. Le triple solo simultané des 2 grattes et des claviers nous laisse pantois. Le public déchaîné rate l’occasion de reprendre en chœur un couplet par méconnaissance des chorus du combo ce qui provoque un énorme blanc qui amuse beaucoup les anglais. Un kid fera amende honorable en s’abreuvant à la régalade d’une bière tendue à bout de bras par Fred depuis la scène.
Voilà également un grand changement pour nous que de voir Dragonforce s’amuser comme des petits fous jusqu’à la fin de ce show sans que cela ne paraisse forcé. Fred semble totalement intégré au groupe désormais et n’est pas le dernier à chambrer ses compères qui ne ratent aucune occasion de se vanner au micro et le plus souvent en français s’il vous plait. Le pit est même régulièrement invité à se joindre à cette partie de franche rigolade de laquelle Sam sort grand vainqueur jusqu’à ce que Fred lui cloue le bec en invitant le public à lui hurler un retentissant « Ferme ta G. »
« Revolution Deathsquad » est encore un grand moment de ce concert avec toujours la démonstration des 3 solistes surdoués, des touches de chant death de Fred et ZP Theart, faussement en colère, qui quitte carrément la scène pour aller chercher les kids du fond de la salle ou au bar pour les amener dans le pit.
Attention, il faut en profiter, DF délivre sa seule ballade de la soirée avec « Trail of Broken Hearts » titre émotionnel mais pas sirupeux sur lequel Sam ne se montre pas très satisfait de son solo ce qui nous amène à réviser notre jugement sur l’ego surdimensionné des anglais.
Le vent de folie qui souffle dans le transbo atteint son paroxysme avec un solo de clavier incroyable et éclectique de Vadim en duel partiel avec Herman. Cette folle sarabande sur un rythme de batterie synthétique est gavée de sonorités improbables dignes de jeux video avec même un clin d’œil aux Simpsons. Tout ceci fera dire à Sam qu’un solo de claviers c’est beaucoup moins chiant qu’un solo de batterie mais que le pire c’est un solo de basse ce qui relance le chambrage en règle mutuel entre les zikos avec le public en arbitre: quelle poilade ! ! !
« Soldiers of the Wasteland » est certainement un des meilleurs titres écrits par le combo car au-delà du bastonnage en règle de grattes sur une batterie triggée à mort, le refrain mélodique émotionnel remarquablement déclamé par ZP Theart remet le feu. Celui-ci décide d’aller chercher cette fois ci les mecs des balcons.
Juste au moment où nous nous disons qu’il est quand même difficile de ressortir tel ou tel passage des morceaux joués à une vitesse folle, Sam profite de la fin de ce titre pour nous annoncer le suivant en disant « c’est la même que celle qu’on vient de jouer car tous nos morceaux se ressemblent ». Et « Storming The Burning Fields » devient l’ouragan Katrina alors que le transbo se met à ressembler à la Louisiane.
« My Spiritwill go on » termine le set de façon plus mélodieuse et groovy alors que les zikos multiplient les farces et blagues sur scène tout en jouant. ZP Theart est couvert d’un immense drapeau français et monte très haut sur le refrain de ce morceau fort sympathique.
Depuis les coulisses, on entend Fred faire ses commentaires provocateurs sur le soit-disant peu d’incitation reçue de la part du public pour les inciter à revenir sur scène mais c’est goguenards que Dragonforce entonne un « Througt The Fire And The Flames » dantesque, 5 ème titre du dernier album « Inhuman Rampage » qui est joué ce soir, avant de définitivement clôturer cette étonnante soirée par « Valley of The Damn ». Fred et Sam échangent respectivement leurs instruments et finissent par se retrouver sur l’estrade en compagnie de Herman et Vadim au clavier en bandoulière et se mettent tous à jouer d’une main sur leur instrument et de l’autre sur celui du voisin. Quel final grandiose pour un transbo chaviré qui n’est pas prêt d’oublier les bons moments passés ce soir là.
Setlist Drangonforce : Blackfire – Fury Of The Storm – Operation Ground And Pound – Revolution Deathsquad – Trail Of Broken Heart – Solo Claviers – Soldiers Of The Wasteland – Storming The Burning Field – My Spirit Will Go On – Throug The Fire And The Flames – Valley Of The Damn
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