GODS OF METAL de MILAN

Live Report du GODS OF METAL de MILAN

02 juin 2007



Le GODS OF METAL DE MILAN fête ses 10 ans d’existence. L’occasion était trop belle pour moi de découvrir avec mon meilleur pote, le plus grand festival de Metal italien surtout quand il y a une affiche de rêve dont mon seul regret est de voir Dark Tranquillity supplanter Porcupine Tree. Sniff, je ne verrai pas mon héros, Steven Wilson ce week-end !
Pour mon 1er passage en Italie, l’équivalent de la DDE ne nous a pas gâtés avec pratiquement 100% du trajet autoroutier en travaux et une signalisation qui me fera faire tout le tour de Milan avec les bouchons du vendredi soir en prime.
Le temps est détestable et après s’être fait arnaquer par des gardiens de parking un peu louches, nous renonçons très vite à l’hospitalité toute relative du camping car il tombe une pluie serrée depuis plusieurs heures déjà. C’est donc par un temps très maussade que nous nous extirpons au petit matin de la voiture où nous avons préféré nous réfugier pour prendre une bonne douche … glacée ! ! !
L’arrivée sur le campus du parc Idrascola nous met face à une gigantesque scène unique mais remarquablement équipée et sonorisée. On peut regretter l’ouverture tardive des portes qui ne permet pas aux kids arrivés au-delà de la 200ème place d’assister aux prestations des 1ers groupes (ça sera encore plus tardif le lendemain). Heureusement, ça n’est pas notre cas car nous sommes matinaux.

11h00 pétantes et c’est le combo italien « Planet Hard » qui ouvre le feu. Les 4 transalpins lancent très bien le GOM avec leur Hard rock très carré.
Leur frontman est bien en voix avec un chant à la David Coverdale. Les schémas musicaux sont assez classiques avec pourtant un guitariste qui délivre quelques solo de gratte déjantés et peu conventionnels.
Pendant « Unchained My Heart » (rien à voir avec le tube de Joe Cocker, un ecclésiastique vient discrètement sur le côté de la scène pour bénir le festival sous les vivats des spectateurs italiens. Et oui, Metal et catholicisme peuvent faire bon ménage dans la péninsule malgré les thèmes diaboliques qui enveloppent le premier. De toute façon, je m’en fous vu que je suis un athée convaincu.
Planet Hard est vraiment un groupe sympa à revoir car 20 minutes, cela passe trop vite.

Pour Glyder, ça sera plus laborieux. Ce groupe ne réussira pas à continuer dans la même veine. Leur Rock’n Roll teinté d’une touche Punk peine à convaincre. La faute certainement à un chant atone, plaintif parfois sonnant faux et au final déplaisant. Un mixage faible rend les solos de gratte, déjà rares, inaudibles. Sur le 4ème titre, le son de gratte est plus fort sur un solo enfin un peu boosté mais que le gratteux peine à terminer ratant 3 fois de suite sa pédale d’effets.
Seul « Pretty Useless People » redonne un peu de couleur et de groove à cette prestation décevante du groupe irlandais très loin de leur référence nationale qu’est Thin Lizzy mais nous y reviendrons.

Le niveau sonore monte d’un bon cran avec l’entrée d’Eldricht. Ils sont tout de noir vêtus et même la batterie est d’ébène ce qui donne l’impression que le set sera Thrash/Death mais il n’en est rien. C’est au contraire un heavy très moderne que délivre le groupe mené par Terence Holler, un efficace frontman typé latino. La sauce prend bien malgré un début de set très axé mid-tempo. L’hymnique « Pictures On The Wall » est repris en chœur par le public.
Le guitariste solo, Eugene Simone délivre un solo de fainéant gavé de sweep sur « Save Me », un titre au chant rappé ce qui n’empêche par le groupe de terminer sa prestation avec beaucoup de puissance.

Place au 1er groupe de Hair Metal de la journée quand Tiger Tailz vient à son tour brûler les planches du GOM.
Le groupe accuse une vingtaine d’années d’existence et il faut bien dire que certains de ses membres ont une apparence physique assez usée par les excès. En particulier, Steevi Jaimz avec son maquillage et son long manteau a le look d’une vieille tante en quête de son glorieux passé.
Par contre, celui-ci forme avec Jay Pepper à la guitare , un duo très charismatique. Les morceaux très classic Hard de Tiger Tailz font mouche.
Steevi lève encore très haut la jambe gauche sur « Fall In Love Again » pendant que Ace Finchum, le batteur, lance régulièrement sa baguette droite dans les airs. Je suis étonné de remarquer que tous les refrains sans exception sont repris en cœur par le public. Une mention particulière pour « Falling Down », un mid du dernier CD qui est excellent.
Le groupe piétine allègrement les plates-bandes d’Aerosmith ou de Motley Crue avec beaucoup de réussite. On regrettera les chœurs glam hyper samplés que le groupe chante en play-back mais bon, la conviction est quand même là.
Jay, une vraie pile électrique, saute un peu partout sur scène y compris pendant la ballade « I Believe ».
La fin du set est très percutante avec « Dirty Needlez » mais surtout quand Steevi s’engouffre en backstage pour y quérir un drapeau vert et blanc orné d’un dragon rouge dont il se couvre les épaules. Je parlais de fin percutante, c’est bien le terme qui convient car dans son enthousiasme il percute Jay et manque de se ramasser à son retour au devant la scène.
Le pit est définitivement conquis par le mégatube du groupe, le très rocky « Love Bomb Baby » à la fin duquel, Steevi lancera au public un drapeau italien dédicacé.



Changement de style pour le passage de WhiteLion et son Heavy Rock fortement teinté de mélancolie. Le groupe va proposer une set list qui, sans en donner l’impression, fera monter progressivement la température telle une cocotte-minute dont la soupape sera l’éblouissant « Radar Love » final.
Pour la première fois de la journée, les claviers font une apparition sur scène mais ils seront peu favorisés par le mixage ce qui est souvent le cas en concert et bien regrettable.
Mike Tramp n’a pas le look d’un métalleux mais plutôt celui d’un chanteur pour minettes avec son jean moulant et son petit tee-shirt bleu ciel collé à la peau. Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un frontman dont la voix chaude et légèrement rocailleuse à la Brian Adams va enchanter le public. Autour de lui, 4 zikos brillants sont également du joli succès d’estime de la part d’un Lion Blanc qui a sorti les griffes.
Les morceaux s’enchaînent sans heurts. C’est « Tell Me » qui est le 1er grand moment du show quand les « oh oh oh » sont repris par la foule. Contrairement à TigerTailz, les chœurs sont très authentiques et font corps avec la voix de Mike.
La progressif « Lady Of The Valley » fait un tabac mais ça devient du délire quand l’explosif « Wait » est balancé et fait se dandiner en rythme tout le pit.
La fin du set est impressionnante. White Lion assure le coup avec « Radar Love », tube seventies de l’obscure groupe néerlandais Golden Earring que WL avait déjà inclus dans son album « Big Game » en 1989.
Ce morceau n’a pas pris une ride et me ramène 30 ans en arrière.
Quelle claque car RL est joué à un rythme d’enfer. Tout y est. Le groove incroyable, les joutes chant / gratte avec un Jamie Law excellent et surtout une section rythmique en béton emmenée par un Greg D’angelo un brin poseur mais infaillible dans son jeu de batterie clinquant.
Jamie en profitera pour placer un des soli de gratte les plus remarquables de la journée derrière lequel la reprise au chant de Mike coupe le souffle à l’assistance.
Le final bluesy interminable de ce titre provoque des frémissements de bonheur. C’est passé trop vite. Chapeau bas WhiteLion.



Thin Lizzy qui tente de faire renaître la légende de l’époque du très regretté Phil Lynott se retrouve devant un double challenge. Faire au moins aussi bien que WL et parvenir à respecter la mémoire du fabuleux bassiste irlandais. J’étais vraiment très anxieux de voir s’ils seraient à la hauteur.
Bon, c’est vrai que ça fait trop bizarre que le chanteur (John Sikes) soit un blond frisé à la guitare alors que Phil était black métissé et bassiste mais, en fermant les yeux, je me laisse très rapidement emporter dans la magie discographique de ce combo mythique : le 1er à avoir à son époque intégré les doubles soli de grattes au Hard Rock.
C’est vrai que John parvient à avoir le ton si particulier qu’employait Phil, toujours imité mais jamais égalé.
La tâche est rude car la pluie qui s’était calmée pour White Lion recommence à tomber drue au point que le sticker pass photo de votre serviteur se décollera à son insu le privant des shoots des têtes d’affiche de la journée (sniff ! ! ! !).
Cependant, pas un kid ne quittera les rangs qui se resserrent devant la scène du GOM histoire de se retremper (c’est le cas de le dire) dans la nostalgie 70’s de l’époque « Lynott ». Alors les bons vieux cartons de l’époque reprennent vie sans problèmes.
Le combo entre en scène sur fond des sirènes de Jailbreak et instantanément, la mayonnaise prend. Le public se met en transe (tout en étant transi également, ce qui est paradoxal).
Les doubles soli avec une tierce d’écart exécutés par John et Snowy White se mettent également à pleuvoir.
Le trop court « Don ‘t Believe A word » réchauffe les cœurs alors que « Bad Reputation » en dit long sur la volonté de TL d’en découdre.
Tommy Aldridge livre un solo de batterie classique jusqu’à ce qu’il le termine à mains nus.
Mais c’est « Emerald » avec ses rythmes de danse de la pluie apache (et ça marche ! ! !) qui enlève définitivement le morceau à coups de soli époustouflants.
Chaque chanson fait remonter son lot d’émotions.
L’intro très accentuée de « Cowboy song » est le prélude à une communion avec les fans rarement atteinte à ce niveau aujourd’hui que «Boys Are Back In Town » où Marco Mendoza rend son hommage perso à Phil à la basse bien sûr, ne démentira pas.
Thin Lizzy termine de façon surprenante son set avec un nouveau titre extrait de leur dernier album, « Black Law », sorte de Mix Blues / Hard Rock dégénérant vers une sarabande guitaristique plutôt bien accueillie. Le trait d’union a été tiré et il faut remercier ces mecs de perpétuer aussi fidèlement le souvenir d’un Phil disparu trop tôt, submergé par les excès de sa vie trop croquée à belles dents.

Il paraît qu’après sa traversée du désert engendrée par une descente dans la facilité à coups de ballades sirupeuses sans relief, le Scorpions est redevenu venimeux.
Ce festival en est effectivement le témoin. Les germains sont revenus à ce Hard Rock classique et rooty qui a fait leur succès. Il vont donc proposer un show qui s’appuiera sur les plus belles pages Metal de leur carrière mais dans la droite ligne de celui de leur récente tournée.
Au tableau d’honneur, « Bad Boys Running Wild » (décidément c’est la journée des mauvais garçons !) qui empêche le pit de sombrer dans la sinistrose météorologique.
Le mid-tempo « The Zoo » est toujours aussi bandant avec les traditionnels effets de wah wah synthétique caractéristiques pour ce titre alors que Klaus Meine entame jusqu’à la fin du show une distribution pantagruélique de baguettes de batteur. Moi des baguettes que Kottak n’a même pas effleurées, ça ne m’intéresse guère.
L’instrum « Coast To Coast » permet au combo de poser très classiquement à 4 en bord de scène car c’est quand même le crédo de Scorpions que de parfois sombrer dans le posage.
« Humanity » caractérise t’il bien le renouveau du groupe ? Il y a tout lieu de le penser car cette fausse ballade dévie très vite sur un son lourdingue assez jouissif et alternatif sans la mièvrerie dont Scorpions nous fera grâce aujourd’hui. Ce titre reçoit un très bon accueil du public ce qui est bon signe pour le groupe.
Chacun y va de son show perso car même Pawel Maciwoda balance un solo avec quelques accords d’ « Enter Sand Man ». Celui de James Kottak qui passera sont temps à cracher en l’air et à tenter maladroitement de rattraper les baguettes qu’il se lance verticalement sera moins pertinent. Quand on en fait de trop, ben on se perd en route.
Klaus Meine m’a semblé un peu en difficulté pour emmener le combo car parfois emprunté sur scène et surtout desservi par une prod. un peu limite.
Tous les tubes ont droit de cité comme « Black out », « Big City Night » dévastateur jusqu’à arriver à un « Dynamite » sur lequel les acolytes flottent un peu sans doutes à force de privilégier l’image à la concentration.
Scorpions bénéficiera du 1er rappel autorisé de la journée pour l’incontournable « Still Loving You » dont on ne m’enlèvera pas de l’esprit que le succès planétaire a faillit assassiner le groupe.
« Rock You Like A Hurricane » fermera le ban assez sauvagement pour des fans enfin reconquis.

Mais que fiche Velvet Revolver aussi haut sur l’affiche.
Certes, le groupe est composé d’anciens de Gun’s Roses dont le charismatique Slash et emmené par le bouillant ex chanteur de Stone Pilot Temple, Scott Weiland. Pourtant ils n’ont qu’un seul album à leur compteur, le second « Libertad » devant sortir début juillet.
Mais très vite on comprend que VR a tout à fait le coffre nécessaire pour mériter sa place dans l’antichambre du géant Motley Crue.
Ca démarre à fond la caisse avec un Rock And Roll efficace et musclé.
Le filiforme Scott, affublé de sa traditionnelle casquette de policeman US, prend possession de la scène sans complexes. Et si tout le monde n’a d’yeux que pour Slash, il faut dire que les déhanchements félins du frontman ont tôt fait de conquérir le pit.
Dès « Do It For The Kids », il s’équipe d’un mégaphone pour varier les effets de voix et étoffer son jeu de scène de tout 1er ordre. Certes, je trouve qu’il abuse des « fucking » lorsqu’il s’adresse au public (« You’re a fucking awesome pit ») mais ce mec ne tient pas en place et parvient à voler la vedette à Slash.
Au début de « She Mine » il quitte la casquette et, à écorner son look très perso, c’est un peu de magie qui s’en va (ainsi que quelques cheveux vu qu’il a les tempes qui commencent à sérieusement se déplumer).
Le temps d’une ballade plutôt convenue, Velvet Revolver remet le couvert avec un « She Builds Quick Machines » qui cartonne et surtout un « It's So Easy » époustouflant sur lequel Slash aligne les soli avec sa gratte posée sur la hanche.
Puis Scott reprend le flambeau sur « Just Sixteen » avec un solo de voix (si si on peut parler de ça) sur lequel il part dans un délire de cris plaintifs que le public ne peut suivre et qu’il termine encore au mégaphone. Slash enchaîne avec un solo « a capella » avant un « Sex Type Thing » exécuté à 100 à l’heure.
Même Matt Sorum se fendra d’un court solo de batterie époustouflant avant que le groupe ne calme le jeu sur une surprenant reprise du Wish You Were Here des Pink Floyd que le groupe a déjà joué lors de concerts précédents mais qui détonne par rapport au répertoire traditionnel du groupe.
« Leave me Alone », introduit tribalement et gavé de wah wah clos le set dans une super illumination de la scène.
Le rappel achèvera tout le monde par un « Psycho Killer » lourdingue sur lequel les onomatopées de Scott font mouche. Et évidemment, après quelques mesures doomesques, le temps attendu « Slither » atomise le pit.
Slash en profite pour faire étalage de son talent à la wahwah ou en slide planant avant un final grandiose sous les sirènes de police, les lights se transformant en projos, tels ceux braqués par les flics sur des truands en cavale.



Après une telle démonstration, pas facile pour Motley Crue de réussir à affirmer son statut de tête d’affiche d’autant que la pluie se met à redoubler lorsque les pionniers du Hair Metal se mettent à fouler les planches.
Les artifices de scène sont nombreux avec des croix ferronées dressées et des pieds de micro couverts de têtes de mort ainsi que les lights surabondantes dans la nuit qui tombe.
Le groupe choisi de mettre le paquet dès le début en balançant coup sur coup « Dr Feelgood » puis « Shout At The Devil » et forcément, les kids détrempés retrouvent de la vigueur pour oublier les caprices météorologiques de cette journée milanaise.
Comme s’il fallait encore les réchauffer, des flammes jaillissent du fond de scène pour accompagner un « Wildside » sur lequel Mick Mars, doté de son classique chapeau orné d’une tête de mort, enfonce le clou à coup de manche de gratte.
Le public est invité à donner de la voix sur le break de « Live Wire » alors que « Same Old Situation » est un des grands moments du show et la basse vrombissante de Nikki Sixx n’y est pas pour rien.
Vince Neil n’a cependant plus les allures de jeune premier et semble quand même s’être un peu assagi autant vestimentairement que dans son jeu de scène nettement moins virevoltant que celui de Scott Weiland.
Il est temps de calmer le jeu avec la ballade « Home Sweet Home » qui voit Tommy Lee s’installer au piano.
Vous je ne sais pas mais moi, faire participer le public je trouve ça cool. Par contre lui faire chanter 80% d’un titre et en particulier tous les refrains, ça me gave un peu car je viens quand même pour entendre surtout le groupe.
Comment ranimer la flamme d’un public transis ? Ben tout simplement en reprenant les bonnes vieilles recettes du combo qui consiste à faire monter sur scène une pétasse blonde dénudée , de lui faire débiter (sans mauvais jeu de mot) des blagues sexies en italien et de lui faire prendre des poses suggestives avec un manche de guitare par exemple. Et oui, ça marche très bien à coup sûr ça.
Le son est gros ce qui sied parfaitement au mid plombé « Louder Than Hell » à la fin duquel sous les feux d’artifices, Tommy Lee lancera un « fuck you » tonitruant.
Il est clair que Motley Crue est décidé à botter le cul du nombreux et courageux public à grande majorité italienne. C’est pourquoi Mick Mars bénéficie d’un très gros son.
Dans le genre nouveauté on a droit à un « Sick Love Song » qui passe bien mais le paroxysme est atteint quand Vince demande au public de lever les mains, serrer les poings puis faire le geste de mettre les gaz pour lancer le mythique « Girls Girls Girls » sous les riffs de gratte de Mick imitant une moto.
Quelques mesures de Little Wing en hommage à Jimmy Hendrix et voilà déjà le dernier titre qui pointe le bout de son nez. « Kick Start My Heart » déverse son R & R endiablé dans l’arène milanaise et se termine sous un déluge d’artifices.
Motley Crue va alors gâcher une partie du crédit qu’il a gagné en faisant attendre le public près de 10mn sous une pluie serrée et en revenant en ordre dispersé sur scène.
Un ultime titre éclair (Anarchy In The U.K.) et puis s’en va pour s’éclipser de la scène presque en catimini ce que j’ai personnellement pris comme un manque de respect (à moins que ce ne soit le signe d’une énième dissension au sein d’un combo décidément très sulfureux).
Il est temps d’essayer d’aller se réchauffer sous la tente, chose pas facile quand on est trempé jusqu’au cou et que l’on patauge dans un bourbier digne de Woodstock mais ça, les organisateurs n’y seront pour rien bien sûr.

Les jours se suivent et ne se ressemblent pas au Gods Of Metal car c’est sous un soleil rieur que ce 2ème jour de festival se lance. On repère facilement ceux qui étaient là la veille car ils portent les stigmates de la veille à savoir des traces de boue un peu partout sur les vêtements alors que les petits nouveaux sont bien proprets mais se retrouvent très vite avec les baskets dans le même état car le sol est un bourbier. Le soleil brillera toute la journée au point que j’en attraperai un coup de soleil sur la nuque (c’est tout ou rien décidément).
Côté zike, c’est pareil car cette seconde journée du GOM n’aura rien à voir avec la première. Il est vrai que l’affiche est très éclectique.

Alors celle-ci démarre avec Sinestesia, un groupe placé sous très haute influence Dream Theater. Son premier titre comporte même tout un passage honteusement pompé sur « Home » et sur le dernier, le chanteur se la joue James Labrie par moment. Il faut néanmoins reconnaître le bon niveau technique de ces gars là avec quelques joutes claviers / gratte sympa. Le bémol c’est que les enchaînements des schémas sont laborieux et le frontman très effacé mais la bonne prestation du guitariste est ce qu’il faudra en retenir.

On reste dans le même style et la même nationalité avec les ritals de DGM. C’est déjà plus assuré et structuré. Cependant, le début de leur prestation est un peu mou avec un frontman qui peine à rentrer dans le trip. Quelques regards emplis de doute échangés avec le batteur suffissent pour s’en convaincre.
C’est le public qui par ses eh eh eh va aider Titta Tani alors que la set list s’oriente vers des titres plus speedés où on peut identifier l’influence de Stratovarius. Par ses effets de voix et quelques éructations de bon aloi, Titta remet ses acolytes sur la bonne voie (voix ?).
Malheureusement, le mixage très approximatif relègue les claviers au rang de faire-valoir et les parties de ping-pong avec un guitariste averti ayant quelques allures à la Petrucci tournent souvent court.
Pourtant DGM réussira à convaincre dans ces conditions un peu limites. Dieu sait qu’il n’est pas facile d’être prophète en son pays.

Et voilà le groupe au potentiel émotionnel le plus élevé du week-end qui pointe le bout de son nez. Nul doute que l’absence d’un label pour Anathema est certainement la raison pour laquelle ils sont aussi bas sur l’affiche ce qui est indigne d’un combo aussi impressionnant.
Alors forcément en 30 minutes, le groupe est obligé d’aller directement au but et j’ai du mal a retrouver la magie d’une certaine nuit de septembre 2005 au RaismesFest.
Qu’importe, les frères Cavannagh nous la font plus détendue car ils sont très souriants et donc moins émotionnel.
Ca n’est pas un problème car les titres sont eux bourrés de sentiments.
Ils ont apporté tout leur matos même si techniquement, ça me paraît aussi moins bien léché que d’habitude.
Ca nous permet de bénéficier d’un « Closer » énorme avec bien sûr Danny à la Talk Box et Vincent très énergique qui joue les chauffeurs de salle.
Pour les raisons citées plus haut, le groupe n’a plus sorti d’album depuis un bon bout de temps et s’appuie donc sur ses valeurs sûres.
Ils ont même le concours de leur blonde voix féminine pour « A Natural Disaster », un titre énorme de sensibilité ou le contraste entre son chant et celui de Danny plus agressif fait se pâmer le public. Certainement le plus grand moment d’émotion de la journée.
Le trépidant « Fragile Dreams » donne un coup d’accélérateur à ce show alors que le punky « Sleepless » cartonne grâce à ses riffs de wahwah hyper agressifs.
Oui mais c’est déjà fini. Pas vraiment en fait car le groupe (il sera le seul à en bénéficier pendant ces 2 jours) bénéficie d’un bonus de 10 minute à la plus grande joie des kids.
Alors ils nous offrent « Empty » sur lequel Danny est criant de conviction avant de terminer le show par la cover de Pink Floyd , « Comfortably Numb ». L’occasion est belle pour Vincent de montrer qu’il n’est pas qu’une machine à riffs rageurs. Le concert se terminera sous un déluge d’effets délivrés par Danny, agenouillé sur scène pour bricoler son pod.
Ce Dark Metal là, c’est vraiment grandiose.



Symphony X déboule avec son Metal Progressif hyper technique et speedé sur lequel la patte de Michael Romeo écrase tout sur son passage.
Emmenés par un Russel Allen des grands jours, les ricains démarrent très fort à tel point que le fougueux Russel passe devant les retours pour haranguer le pit et en reculant… les oublie. Il se retrouve donc, les 4 fers en l’air sous le regard goguenard de Michaël. Heureusement, il y a plus de peur que de mal
Les nouveaux titres comme « Domination » passent très bien on stage car il est repris en chœur par tous les métalleux (le téléchargement ne doit pas y être étranger). Le passage instrumental groovy de ce titre permet à Michael Roméo d’éclabousser la scène de son jeu classieux.
Le son est énorme avec en particulier la basse de Michael Lepond qui fait trembler toutes les poitrines. Je trouve que c’est même trop fort pour que les 1ers rangs puissent apprécier aussi les bouchons d’oreille sortent très vite des poches mais c’est largement insuffisant. Ca va faire un beau petit monde de sourds dans une vingtaine d’années tout ça.
Les arpèges énervés de Michael Romeo lancent « Inferno » sur lequel Russel garde le sourire en montrant aux retours, la croix qu’il porte au cou, comme pour conjurer le sort. Ce titre d’Odyssey est un des plus percutants du groupe auquel Russel a apporté son savoir-faire des refrains qui tuent.
La zike très torturée de S X est étonnamment bien digérée par le pit, la puissance du son alliée à la conviction de Russel y sont sans doute pour beaucoup.
Un autre titre du nouvel album accroche trop bien. Il s’agit de « Set The World On Fire » dont le refrain est encore une fois imparable. Heureusement que SX possède ces refrains qui sont comme des oasis de fraîcheur dans le déchaînement technique et sonore délivré par le combo.
Là encore, la prestation passe à une vitesse folle. Il faudra les revoir lors de leur tournée en première partie de Dream Theater.



Et voilà qu’arrive le moment tant redouté par votre serviteur, celui de chroniquer du Death (puis du Black), genres auxquels je n’accroche pas du tout. Déjà que j’ai eu du mal à digérer la défection de Porcupine Tree. Alors, les remplacer par Dark Tranquillity a été une double déception pour moi.
Mais comme il faut de tout pour faire un monde, je demeure stoïquement à mon poste et bien m’en prend car, même si les suédois sont loin de jouir du même prestige que d’autres groupes (je les aurai même bien permutés avec Anathema moi !), ils vont répondre présents.
C’est une prestation très nerveuse avec Mikael Stanne au chant qui bouge beaucoup, et réussira le tour de force de me faire relativement apprécier leur Death très technique.
Dark Tranquillity cherche à placer son dernier CD et en joue pas mal de titres, Mikael revêtant souvent son habit de « jeune cadre aux dents longues issu d’une école de commerce » pour le vanter.
Il faut dire que là encore, ceux-ci passent très bien l’épreuve de la scène.
« The Lesser Fate » donne l’occasion à Mikael d’hypnotiser son public du haut des enceintes latérales sur lesquelles il est grimpé.
Est-ce le Death ébouriffant du groupe qui fait à moitié s’envoler le flag géant qui a été attaché en fond de scène ? On le croirait presque.
On a quand même droit a des soli de guitare dont un double de la part de Martin Henriksson et Niklas Sundin sur « Blind At Heart ». Le public s’enflamme à coup de eh eh eh sur les claviers symphoniques distillés par Martin Brändström sur « Final Resistance » pendant que Mikael arpente la scène de long en large sans relâche.
« Focus Shit » est encore un nouveau titre qui marche fort. Le Death de DT n’est finalement pas lassant car inventif et mélodique même si cela ne me convertit pas à ce style.



Que dire alors du Black de Dimmu Borgir ? Je vais sans doutes m’attirer les foudres des fans mais perso, je trouve que ce type de groupe mise trop sur son concept de base à savoir le satanisme de 1er degré , les costumes et les maquillages.
Trop ? Pas si on s’attarde sur l’entrejambe de Shagrath pour remarquer que son superbe cuir est méchamment rapiécé, à croire que c’est une gamine de 5 ans qui l’a recousu : c’est ringard et ça craint grave. Certes, les 6 norvégiens bardés de cuir et de clous goth, font forte impression à leur entrée sur scène et on peut presque dire qu’ils font tâche dans le programme de la journée en comparaison des autres groupes.
Dès « Progenies of the Great Apocalypse », on peut remarquer que leur son est énorme mais moins boosté que celui de Symphony X.
A leur crédit, je citerais les claviers qui sont présents sous formes de nappes renforçant le côté symphonique du groupe (Sorgen Kammer). Les oh oh oh s’élèvent spontanément
L’accoutrement des zikos les rend forcément très statiques ce qui est renforcé par leur attitude sombre. Tout ceci n’empêche pas Shagrath de donner dans l’humour quand il annonce une chanson qu’il dédicace pour les jolies filles qui sortent tard le soir : « A Succubus In Rapture ». Au passage, ce morceau, le plus progressif de leur set comporte de bons passages instrumentaux dont un très planant avec s’il vous plaît un solo de double guitare.
Une magistrale intro holywoodienne est le prélude à « The Serpentine Offering » tiré du dernier CD sur lequel j’ai particulièrement apprécié les passages de chant clair (on ne se refait pas) de Vortex. Il a vraiment un organe très mélodique ce mec ce qui m’a beaucoup surpris.
Il semble cependant que le combo peine à recréer sur scène la richesse sonore des compos de studio.
L’étrange et presque Heavy Mélodique « The Inside And The Catharsis » reçoit plutôt un bon accueil alors que quelques Blast Beat assomment le pit sur « Spellbound (By The Devil) ».
Le set se termine avec beaucoup de grandiloquence sur « Mourning Palace » alors que Hell hammer quittera la scène en insultant les roadies insatisfait de son kit de batterie pour des raisons obscures et c’est normal d’être obscur quand on officie dans le black.
Mais là encore je ne serai pas converti, désolé pour les fans qui m’incendieront sur un bûcher de sorcières.



Retour au bon vieux Heavy Mélodique avec l’entrée en scène de Blind Guardian : une valeur sûre et bien charpentée autour de la voix si caractéristique de Hansi Kursch (qui soit dit au passage, m’a toujours rappelé celle de Noddy Holder du groupe british de glam rock 70’s « Slade ») .
Le groupe est aligné sur scène comme une équipe de rugby avec les 2 gratteux + Hansi en 1ère ligne et en seconde ligne, la section rythmique + les claviers. Je suppose que c’est pour avoir un meilleur rendu au niveau des chœurs mais ça doit être très frustrant pour le bassiste.
La spécialité du groupe, c’est les ambiances médiévales arrangées à la sauce Heavy.
Ca démarre puissamment avec « Into the storm » puis « Born in a mourning hall » avant que le groupe ne surprenne en calmant très vite le jeu avec la ballade « Nightfall ». Pourtant ce choix s’avère judicieux car cette sorte de valse lente exerce une espèce de magie sur l’assistance.
BG remet un coup d’accélérateur en enchaînant 3 titres très Power. Je me prend à regretter la pauvreté de la mise en scène (tous les membres du groupe sont habillés en noir uni et très strict) car le heavy tarabiscoté du groupe mérite d’être mieux enrobé.
Je suis très impressionné par le jeu de batterie de Frederik Ehmke qui parvient à faire oublier l’excellent Thomas Stauch ce qui n’est pas un mince exploit.
Les nouveaux titres comme « Fly » provoquent des claquements de mains retentissants.
Le final chant / batterie de « Valhalla » devient proprement épique et c’est la tournure que prend ce set bien rodé. La fusion Médieval/Metal donne naissance à un alliage bien trempé.
Le tempo et les riffs s’alourdissent sur « Time Stands Still ».
Les chœurs a capella qui ne me paraissent pas samplés font penser à Queen sur le remarquable « And Then There Was Silence ». Ce titre épique d’environ une dizaine de minutes est incroyable de rebondissements et provoque la ferveur du public.
Puis, la gratte fait feu de tous bois sur « Imaginations from the other side ». Hansi se la fait à la Vince Neil sur « The Bard’s song » pendant laquelle il laisse chanter le public sur les ¾ de la song.
Le groupe achève son job avec le Kolossal « Mirror Mirror » attendu et acclamé par tous les fans mais c’était gagné d’avance car Blind Guardian marche bien sur les traces de son illustre aîné, Jethro Tull avec bien entendu une puissance de feu multipliée par 10.
A quand une reprise de Locomotive Breath par BG ?



Et voilà que le groupe qui a refusé la tête d’affiche de ce festival par respect pour le mythique Heaven And Hell alias Black Sabbath « Sans qui nous n’existerions peut-être pas » fait son entrée On Stage. J’ai nommé Dream Theater dont le respect des aînés mérite ….. le respect également. Je ne connais pas beaucoup de groupes qui auraient cette attitude.
Sous les samplers des meilleurs morceaux de leur carrière et devant l’extraordinaire batterie de Mike Portnoy (3 grosses caisses et 2 sièges sans compter le nombre affolant de fûts et de cymbales) les membres du groupe s’installent pour démarrer ce concert avec « Pull Me Under » comme à la belle époque d’ « Images And Words ». Eh bien justement, à la fin de ce titre énorme, James Labrie, remarquablement en voix ce soir (comme le pit qui aura chanté la setlist de bout en bout), annonce qu’ils vont jouer en intégralité le CD pour fêter les 15 ans de sa sortie.
Je ne vous raconte pas l’état du public qui frémit à l’idée de voir un rêve se concrétiser : entendre et voir jouer la totalité de l’album de la consécration de ce groupe. J’en ai eu la chair de poule.
Et ça enchaîne donc avec un Another Day la ballade pop Rock anachronique de l’album dont le solo de sax sera exécuté par Jordan Rudess aux claviers.
« Take The Time » n’a pas si souvent que cela été joué par DT en concert aussi quelle jouissance que d’écouter ce titre, un des plus équilibré entre la folie créatrice du groupe, son agressivité maîtrisée et un côté presque FM qui permet de digérer les parties les plus techniques de sa composition. John Petrucci ne peut s’empêcher d’enjoliver le tout par un solo de guitare spécifique. La fin du titre est dantesque au point que l’on croirait assister au dernier morceau d’un concert événement.
« Surrounded » est la song la plus retravaillée du set. Je l’ai toujours trouvé trop courte. Eh bien j’ai été exaucé car DT l’a sérieusement perfusé avec une intro et une outro ralenties et planantes en y incorporant des extrait de « Sugar Mice » de Marillion et de « Mother » de Pink Floyd. La performance de James Labrie est remarquable, réussissant parfaitement à faire passer la sensibilité extrême que ce titre requiert et à placer sa voix très haut dans les aigus sans aucune fausse note.



Evidemment dès les premières mesures du sampler de « Metropolis Part1 », le public ronronne de plaisir et la doublette avec « Under A Glass Moon » est prétexte aux extraordinaires duels de claviers et de guitare que seuls Jordan et John sont capables de réaliser avec autant de maestria. Dans le 1er, la Musicman Bongo de John Myung fait feu de tous bois sur un break de basse énorme alors que sur le second, Jordan s’amuse comme un petit fou dans le break cartoon qu’il exécute sur ses légendaires claviers pivotants.
Ca fait un peu bizarre que Jordan nous joue « Wait for Sleep » exclusivement composé par son prédécesseur au sein du groupe (Kevin Moore) mais cet intermède émotionnel sur lequel la voix de James Labrie est encore parfaite, a judicieusement été placé sur l’album pour souffler avant l’épique « Learning To Live ».
J’ai l’impression de me répéter mais là encore DT avait frôlé la perfection lorsqu’il a accouché de ce titre et l’entendre en Live lui donne, s’il était encore possible, une dimension supplémentaire. Seul un groupe aussi soudé et avec autant de talent peut sortir des compos pareilles.
Pour la petite histoire, je dirais qu’à part pour le merveilleux conceptuel « Scenes From A Memory », le groupe n’a jamais été aussi génial sur ses autres albums et ça n’est pas le dernier bébé de DT « Systematic Chaos » qui me fera changer d’avis (aucun titre de ce nouvel album dont la sortie était prévue quelques jours après le concert n’a été joué ce soir).
Le public va réserver une ovation au groupe, curieux cependant de savoir à quelle sauce le rappel sera mangé.
Eh bien cela sera orgiaque puisque les samplers orientaux de « Home » déchirent l’air italien et l’on sent une montée d’adrénaline nous envahir quand les riffs orgasmiques de wah wah de John viennent nous cueillir en plein estomac jusqu’à nous couper le souffle.
Les yeux brillent car on sait ce que réserve ce titre d’une puissance inouïe. Mike Portnoy, le batteur en perpétuel solo revenu habillé d’un maillot de l’Inter de Milan (il aurait fallu lui dire que c’était l’AC Milan qui avait gagné la ligue des champions) atteint son paroxysme.
J’en ai les larmes aux yeux. « It’s Calling Me Back To My Home » chante James Labrie mais on a envie que cela dure encore des heures.
Mike Portnoy, d’un solo de batterie court mais énergique, assure la transition pendant que John Petrucci change de guitare pour alourdir encore le son sur « As I Am », le single extrait du plus thrash des CD de DT, « Train Of Thoughts », prétexte à des headbangings de bon aloi.
Cette fois ci, c’est terminé. Ca m’a fait bizarre de ne les voir jouer que 1h35, moi qui les ai à chaque fois vu faire des concerts de 2h30 mais il faut avouer que sur un show plus court et dense, DT génère une ferveur bien plus palpable et se montre beaucoup plus chaleureux avec ses fans qui lui ont rendu un hommage mérité.



Oulah, est-ce que finalement DT a t’il rendu service à Heaven And Hell en lui laissant la tête d’affiche ? Pas si sûr.
Avec tout le respect également que je dois à ces monstres du Metal que sont RJ Dio , Tommy Iommi , Geezer Butler et Vinnie Appice (Bill Ward est out pour cause de pb de santé) , j’avoue que le contraste avec DT a été saisissant au point que malheureusement, nombre de fans ont régulièrement quitté le show de Heaven And Hell pendant celui-ci.
Pourtant les ex Black Sabbath ont mis les petits plats dans les grands avec un décor scénique magnifique composé de grilles et de projections holographiques en fond de scène qui lui donne un air de cimetière maléfique. Un spot récalcitrant en bord de scène va d’ailleurs poser un petit problème technique aux techniciens qui retardera le show de quelques minutes.
HH se lance très vite à l’assaut du pit avec The Mob rules, un titre idéal tracté par des accords de gratte dont seul « Tommy Iommi », le « faiseur de riffs » a le secret.
Par la suite, la set list propose pas mal de titres mid-tempo et c’est probablement cette surabondance de mid associée au statisme des zikos qui fera que le show restera quand même un peu en dedans.
Sur « Sign Of The Southern Cross » Tommy nous fait baigner dans une atmosphère étrange grâce aux sonorités de gratte style guimbarde qu’il adopte sur son solo.
Dio bouge toujours aussi bien même s’il m’est apparu moins en voix, celle-ci s’éraillant un peu quand il monte dans les aigus.
Les holographies de fond de scène deviennent très impressionnantes sur l’envoutant « Voodoo » avec en particulier un gigantesque squelette qui pivote sur lui-même. Ce titre donne l’occasion à RJ et Tommy de s’affronter musicalement en fin de morceau pour le plus grand plaisir du pit.
C’est le moment pour Vinnie Appice de montrer tout son talent sur un solo de batterie assez original. Sa batterie n’est pas aussi impressionnante que celle de Mike Portnoy cependant sa configuration est plutôt sympa avec des cymbales découpées, ses 2 caisses latérales montées sur ressort et d’autres caisses placées derrière lui. Il utilise spectaculairement tout cet équipement et nous gratifiera d’un passage rappelant beaucoup le « Moby Dick » du défunt John Bonham.
La fin de ce solo old school (sans double) est réalisée sur fond de samplers synthétiques qui vont aller crescendo (c’est le seul mot d’italien que je connaisse) jusqu’au feu d’artifices final. Enorme ! ! !
Ca repart sur des titres hyper plombés et doomesques (n’oublions pas que BS en est l’inventeur) dont je ressort un exceptionnel et progressif « Falling Of The Edge Of The World » et « The Shadow Of The Wind », sombre et inquiétant à souhait.
« Die Young » est introduit par des samplers de clavier planants sur lesquel Tommy plaque un solo floydien . Ce titre très enlevé montre toute l’étendue du talent du gratteux de HH car le solo qu’il y délivre est proprement ahurissant.
C’est le grand moment du show avec l’éponyme « Heaven And Hell » sur lequel le groupe se lâche complètement et les techniciens éclairagistes aussi d’ailleurs. Des ombres géantes de moines sont projetées sur le mur de fond de scène. Dio associe complètement le public sur un fond de rythmique puissant et les oh oh oh montent dans la nuit milanaise sous un déluge de lumière et non d’eau, une fois n’est pas coutume.
La partie rapide de ce titre permet de confirmer que Tommy est bien le Heroe Guitar attendu pour ceux qui en doutaient encore.
Comme pour Motley Crue, le rappel, très Rock and Roll, sera court. La faute à un couvre-feu italien ? J’en doute car peu de retard a été pris et c’est une des qualités du GOM que d’être respectueux des horaires.
Je dirait qu’à la différence des américains, H&H est apparu beaucoup plus soudé et chaleureux alors ce rappel un peu expéditif n’a pas desservi leur prestation.



Le Gods Of Metal touche à sa fin et les conditions climatiques détestables le 1er jour n’occulteront pas la qualité du plateau proposé et le fait que pratiquement tous les groupes aient assuré grave.
Les italiens ont fait preuve d’une bonne organisation générale qui combat un peu la légende. Je dis un peu car le retour par les autoroutes transalpines de nuit a lui été homérique. Je ne vous dit pas la galère pour s’y retrouver dans des déviations mises en place sur l’autoroute à coup de panneaux « timbres postes » ou carrément manquants qui provoque des bouchons à 1h00 du matin alors que l’on passe du dimanche au lundi.
Alors 2h de trajet en plus pour rentrer, bah on dira que ça permet de rester plus longtemps à rêver éveillé aux souvenirs de ces 2 jours homériques.




[ Chroniqueur ] - Les Accros du Metal