Avant toute chose, ce Live Report a bien faillit ne jamais voir le jour.
En effet, sans les coups de tatane du musculeux confrère de « Noise-web », peut-être que tous les médias venus au RaismeFest en seraient encore à faire le pied de grue devant la porte récalcitrante des « Invités » dont le verrou refusait de se débloquer. Alors un grand merci à Will.
Pour son 10ème anniversaire, le RF a joué la carte de l’ouverture vers une audience un peu plus orientée Rock grand public. Sans doute que son partenariat avec la FNAC l’a incité à prendre ce léger virage. Ainsi l’affiche proposant Koritni (2 passages), Black Bomb A, Gotthard ou Glenn Hughes semble privilégier la mise sous les projecteurs de combos à consommer tout de suite et sans modération.
Les stands sont plus nombreux.. On y trouve même un stand rasta un peu perdu cependant parmi les vendeurs de CD tee-shirt et même de vêtements gothiques.
Comme d’habitude, la grande scène est réservée aux pointures et la petite aux groupes locaux. Disons-le de suite, les problèmes techniques ont été un peu trop nombreux sur ces 2 jours et en particulier, la petite scène a subi une sonorisation assez déplorable et même frisant l’amateurisme avec en particulier 2 groupes le dimanche dont le chant du frontman était tout bonnement coupé pendant toute une chanson.
Le RF ne nous avait pas habitué à ça et Carbur, qui entame les débats sur la petite scène va de suite payer le prix fort d’un retard initial pris par les organisateurs. Le groupe, dont le guitariste bedonnant accuse une soixantaine bien tassée mais est passé maître dans l’art des bends, joue un sympathique Rock/Blues qui met bien en train. La cover de Creedence C R « Suzy Q » nous met bien en jambes mais au bout de 2 titres et seulement 10mn, ils sont chassés de scène, à leur grand regret et aussi à celui du public déjà bien nombreux d’aussi bonne heure.
S2D2, le vainqueur du Jumpin’ RaismesFest 2007, débarque avec un son très lourd et moderne pour une sorte de Rock/Thrash assez inspiré et parfois progressif. Le hurleur de service occupe bien la scène et alterne les effets gutturaux avec du chant mélodique. Le bougre est à l’aise car il se permet de diviser le Pit en 2 pour un canon collectif sur « Wasting Time ». Côté guitare, c’est pas mal non plus avec un bon petit solo tout en tapping sur un dernier titre très progressif.
Avec un gratteux arborant un baggy court dont l’entrejambes lui arrive aux genoux et une casquette style racaille, que croyez-vous que Kill For Peace puisse nous proposer ? De l’énergie, du bruit et des hurlements et donc du Hard Core évidemment mais ça, vous l’aviez deviné évidemment.
La Main stage accueille le 1er female voice band du week-end. Il s’agit du combo hollandais « Delain » que l’on avait déjà pu découvrir lors d’un sympathique concert parisien en 1ère partie de Within Temptation au mois de mai.
Le style s’apparente à « The Gathering » car moins sophistiqué qu’Epica ou autre After Forever.
La belle et flamboyante rousse Charlotte Wessels s’est fait greffer un sourire permanent sur le visage et parvient sans peine à tenir le public dans sa main grâce à un chant enjôleur et sibyllin. Flanquée de Ronald Landa (grunt et guitare) et de Rob van der Loo (basse), elle hedbangue joyeusement et invite tout le pit à sauter sur l’intro de … « the Gathering », la chanson cette fois ci.
Le fond de scène est joliment décoré par une grande tenture imprimée avec le logo du groupe. Par contre le son est très moyen et c’est un peu dommage car la prestation des bataves est fort sympathique. Le set se fait plus symphonique sur « Sleepwalkers dream » et prenant. Il se termine par « Pristine » un mid-tempo bien convainquant qui doit permettre à Delain de conquérir de nouveaux fans pour le groupe fondé par Martijn Westerholt (ex claviériste de Within temptation).
3 meufs, 1 batterie et 2 grattes, cherchez l’erreur. eh oui Sheeduz se produit sans bassiste pour une prestation sans relief qui sera la moins bonne de la scène découverte.
C’est le moment de rocker un max avec l’arrivée de Koritni emmené par Lex, celui qui a donné son nom au groupe. Ce dernier est bien connu en France malgré ses origines australiennes car issu du split de Green Dollar Colour, groupe franco australien dont il jouera même 2 titres. Koritni a souvent écumé les scènes françaises et est donc loin d’être inconnu dans l’hexagone.
Le Classic Rock des australien est sympathique mais quand même pas génial et moins plombé que celui de leurs illustres compatriotes (devinez à qui je fais allusion).
Il est vrai que dans ce genre, on ne demande pas du génie mais simplement une zike qui balance bien et se fait trémousser les popotins en mesure. De ce côté là, on est servi. Avec un « Dirty Letter » groovy en diable, ça démarre bien car la sauce, koritni sait parfaitement la balancer. Le groupe soigne plutôt son look avec Lex typé grunge ou Eddy Santacreu le guitariste affublé d’un chapeau melon et de rubans. Les mecs bougent bien sur scène et échangent constamment leurs places par contre, malgré cette bonne volonté, le public semble se lasser assez vite de ce style assez uniforme. Il faut dire que si Lex est convainquant au chant, il ne s’adresse pratiquement jamais au public et semble un peu en dedans. C’est certainement là qu’il faut chercher les raisons de cette prestation moyenne.
La caisse claire du batteur résonne bizarrement style « St Anger » ou « Tambours du Bronx » mais le son s’est quand même grandement amélioré.
Le groupe glisse un nouveau titre dans son set (Nobody's Home) sans pour autant en rompre la linéarité. La doublette « Let It Go » (GDC) et « Red Light Joint » redonne du peps au show.
J’espérais quand même quelque chose de plus trippant aussi quand Koritni quitte la scène presque en catimini avec le masque, ils sentent que la communion avec le pit n’a pas vraiment eu lieu.
Clampdown prend le relais sur une petite scène toujours aussi mal servie par le mix. C’est encore du Hard Core mais mené rythmiquement parlant par un excellent batteur dont le jeu ressort puissamment d’un ensemble quand même assez brouillon.
Il aura fallut attendre quelques heures pour prendre la 1ère grosse baffe de la journée en pleine tronche. Certains adorent le Hard core. Moi je l’abhorre aussi quand les franciliens sont arrivés sur scène, j’ai faillit me sauver en courant mais la curiosité et la conscience professionnelle m’ont fait rester devant la scène.
Bien m’en a pris car c’est une putain de dose d’adrénaline que balancent les 2 frontmen énervés de BBA.
Ils sont complètement opposés mais se complètent merveilleusement. Il y a l’inquiétant Arno, le grand chauve à la voix caverneuse et grave au look des banlieues et le petit rablé et barbu Poun au timbre aigu et habillé en chemisette à carreaux à qui on donnerait le bon dieu sans confession.
Des 2, le second va incontestablement gagner ce combat vocal titanesque grâce à ses hurlements criards qui mettent le pit en transe.
BBA axe essentiellement sa prestation sur son dernier opus « One Sound Bite To React » dont pas moins de 6 titres sont joués ce soir. Il ne faut pas longtemps pour que l’énergie tellurique du groupe soit transmise aux fans à qui l’on demande de se lancer dans un cercle infernal sur un « Lady Lazy » diabolique. La sécurité s’affole et les 1er rangs s’esquivent pour laisser le maelström s’épanouir virilement.
A l’annonce de « You Can’t Save Me », Poun annonce que tout le monde terminera à poil et surtout les mecs. Il n’a pas vraiment la gay attitude et la zike de BBA ferait tâche à la Gaypride mais pervers comme il est , il ne faudrait s’étonner de rien.
Le son est devenu énorme ; le pit est en folie, les T shirts et les blousons volent dans les airs car ça pogotte très hard sur Salvation.
L’intro de basse de Mary est monstrueuse et tout le monde se met à sauter aussi bien sur la scène que devant celle-ci. Ca frise le délire sur la reprise de ce titre quand le public scande « Oh Mary – Sweet Mary » à l’unisson.
« Faites un putain de bruit pour tous les groupes qui jouent ce soir » hurle Arno alors que Poun se met à slamer en chantant et en distribuant des pains à un fan indélicat qui tente de lui arracher ses grolles.
Les compos de BBA sont quand même plutôt prévisibles mais la débauche d’énergie fait plaisir à voir surtout lors de l’affrontement final du pit séparé en 2 pour les sirènes de « Police », une opposition qui fera bien des dégâts chez les pogotteurs.

Les rockers parisiens de Finky Pie enchaînent difficilement sur la petite scène car le son est toujours pourrave mais aussi les compos plutôt sympathiques de leur album manquent de puissance sur scène. Peut-être est-ce aussi le contraste saisissant avec le groupe précédent qui fait que FP ne jouira que d’un succès d’estime.
Finntroll est un groupe de black metal folk finlandais évoluant au rythme d'une humppa, (sorte de Polka finlandaise). Alors leur set est une sorte de folle sarabande effrénée, festive et continue qui n’a cependant rien d’une farandole pour maison de retraite.
Les chansons sont chantées en suédois, la langue maternelle du chanteur, et interprétées par une voix black metal sur un fond d'instruments issus du folklore finlandais. 3 des musiciens sont vêtus de jupes mais ils n’ont rien d’efféminé, loin de là.
Les riffs de grattes accélérés et dopés aux amphétamines mettent de nouveau le pit en transe. Ils s’opposent aux ritournelles entêtantes délivrées par les claviers. C’est le mariage de la distorsion saturée avec le casatchok plus une once de ska.
Le set est cependant très linéaire et musicalement, ça reste basique mais pourvu que l’on se laisse envoûter par cette ambiance festive, tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce set une Rave Party façon Metal.
Retour sur la petite scène pour le dernier groupe à s’y produire : Cool Cavemen. Les cambrésiens proposent une sorte de Funky Jazz très surprenant et ne se prennent pas trop au sérieux. Mais paradoxalement, ils sont de loin les meilleurs zikos à se produire sur cette scène. Ils délirent grave sur un morceau de …. Country annoncé avec l’accent canadien par le batteur (« préparez le quadrille » ! ! !) et sur lequel ils s’affublent de chapeaux de cowboy.
Vince le chanteur se met même à parodier Finntroll en lançant quelques growls sur un fond sonore jazzy. Etonnant , rafraîchissant mais surtout convainquant auprès d’un public nullement déstabilisé mais au contraire ravi de cet intermède sans prétention mais de qualité.

On attaque les gros calibres avec Pain Of Salvation dont la flatteuse réputation aurait pu le conduire tout en haut de l’affiche.
POS vient défendre son dernier CD « Scarsick », fort bien accueilli par la critique après l’expérimental « Be » car plus direct que certains de ses prédécesseurs.
Le groupe adore créer des ambiances très différentes grâce à son chanteur Daniel Gildenlow à la voix caméléon.
Pourtant celui-ci ne semble pas être au mieux de sa forme même si vocalement, cela demeure irréprochable.
Le choix de la set-list ne lui facilite pas la tâche car quelques titres sont difficiles d’accès.
Il y a cependant des grands moments dans ce show comme avec l’imparable « Ashes » sur lequel les cordes vocales de DG montent aussi aisément dans la gamme que Greg Lemon en haut du Ventoux. Le public frissonne et ce n’est pas à cause de la température ambiante qui a singulièrement baissé. Simon Andersson, désormais, officiellement bassiste du groupe, dégaine des arpèges de la main gauche et montre qu’il est à la hauteur de son prédécesseur, Kristoffer Gildenlöw.
« People Passing By » est introduit par un slapp exécuté par Daniel à la guitare alors que dans sa version studio c’est de la basse. Ce titre est entièrement sous la coupe de DG qui délivre un solo final de très haute volée.
Le très expérimental « Night Myst » est beaucoup moins digeste même s’il permet à Johan Langell de continuer à montrer son talent aux fûts comme il s’y était engagé avant son départ programmé en fin de tournée.
« Undertown » est présenté dans une version très remaniée par rapport à la version studio avec Daniel qui chante assis devant la batterie de Johan. L’ambiance éthérée chère au frontman de POS revient nous prendre aux tripes tandis qu’il incite le public à crier entre des riffs de gratte assassins.
Le très décalé et attendu « Disco Queen » détend l’ambiance devenue très Dark et sera le tube du RaismesFest car fredonné par nombre de festivaliers pendant tout le week-end. Après cette métamorphose sonore transformant le RF en boîte de nuit. DG devient taquin et fait mine de sortir de scène pour provoquer des applaudissements supplémentaires du public à son retour sur scène.
Le groupe repart pour un impressionnant « Inside » sur lequel DG a lâché sa guitare pour désormais se concentrer à 100% sur son chant ce qui lui permet d’être plus proche du public. Malheureusement, il s’agit déjà du dernier morceau d’un set qui n’aura duré que 70 mn sans rappel, la faute à un timing peu respecté ce qui sera la marque de fabrique du week-end pour le RF. Cette prestation malgré de grands moments épiques, nous a un peu laissé sur notre faim car POS a donné l’impression d’une certaine lassitude.

Glenn Hughes, c’est un peu la surprise du week-end pour moi car franchement, cette tête d’affiche n’avait pas grand chose d’emballant. L’ex Deep Purple et Black Sabbath se produisait en France pour la 1ère fois depuis …. 31ans et pour une date unique. J’avais l’image d’un ex Hard rocker vieillissant qui a tout doucement dévié vers une sorte de groove Blues/Funky. Le début du set me montre que je ne me suis pas vraiment trompé avec un « Valiant Denial » très funky mais sauf pour le qualificatif « vieillissant » car ce bon Glenn a encore une sacrée patate.
Certes tout est fait pour qu’il soit en valeur à commencer un mix rend sa basse monstrueuse et la place très (trop ?) en avant de ce mur sonore. Egalement, il est flanqué d’excellents musiciens et en particulier un guitariste bourré de talent mais très effacé scéniquement et avec le visage le plus souvent fermé. Alors ça laisse totalement le champs libre à Glenn qui en rajoute beaucoup en étant très bavard entre les morceaux mais aussi avec certaines parties vocales improvisées mais qui n’en finissent pas.
Evidemment, l’expérimenté frontman sait qu’il fait mouche avec des reprises de titres de sa période Deep Purple au sein duquel il n’a pourtant officié que 3 ans mais avec autant d’albums à la clé.
Un « Mistreated » exhumé de « Burn » et régulièrement repris aussi par Dio dans sa période solo fait forcément mouche avec ses « Loosing My Minds » hurlés à tue-tête montrant que Glenn a conservé intactes ses capacités vocales contrairement à d’autres monstres comme Ian Gillan ou Robert Plant. Par contre il en fait beaucoup trop sur un final interminable et lassant.
Un tout nouveau titre « You Got Soul » donne l’occasion a Glenn de faire preuve de beaucoup plus de complicité avec son guitariste pour des envolées d’arpèges qui se terminent par une accolade fraternelle entre les 2 compères.
« Getting Tighter » est l’occasion d’un hommage appuyé au regretté Tommy Bolin, un ami de Glenn disparu trop tôt. Ce titre est singulièrement rallongés par des soli de clavier, de batterie et de basse dont GH tire des sonorités bizarroïdes style Talk Box puis à l’aide d’une wahwah auto. Ce mec là a vraiment un jeu de basse très original.
Il annonce qu’il reviendra en France l’année prochaine sur un « Don’t Let Me Bleed » groovy mais lui aussi interminable tout comme la fin du mésestimé « You Keep On Moving », lui aussi tiré du répertoire de Deep Purple, période T. Bollin. Le solo d’orgue Hammond de ce titre est étonnant et digne de la version originale sur laquelle le retraité John Lord nous donnait la banane.
Le rappel est l’occasion de montrer de nouveau les 2 facettes du bonhomme avec un « Soul Mover » groovy et un « Burn » décapant et jouissif mais il est évident que même s ‘il était mal joué (ce qui bien sûr n’est pas le cas ce soir), ce titre cartonnerait car le riff pondu par Blackmore, s’il n’est pas aussi célèbre que « Smoke On The Water », serait quand même à classer très haut dans le top des riffs de Metal les plus mythiques.

C’est l’heure d’essayer de dormir ce qui est proprement impossible dans le camping car la température fraîche incite à se réchauffer entre potes devant quelques boissons interdites dans l’enceinte du RF mais curieusement présente dans pratiquement 100% des tentes plantées.
Le réveil du dimanche est pénible et les kangourous nous accompagnent jusqu’à la table commune du petit déj où les festivaliers sont très amicalement accueillis par les GO du RaismesFest à qui il faut tirer le chapeau pour avoir le courage de se lever avant tout le monde pour préparer et servir cette sympathique collation.
C’est reparti sur la petite scène avec un sympathique « Lethal Mind » dont le Trash burné façon Iced Earth et mâtiné de Death passe très bien. Pour une fois, le son est très correct (malheureusement, ce niveau de qualité sonore sera très aléatoire toute la journée) et le set très carré. Les gratteux Cedric et Judicaël exécutent quelques soli de gratte bien sentis qui donnent le ton à cette journée.
Les locaux de Syrens Call ont investi la Main Stage. On sent qu’ils ont mis les petits plats dans les grands car ils sont très lookés gothiques, bougent beaucoup sur scène en échangeant fréquemment les places avec une mention spéciale au bassiste Eric Serre. Tout comme le RF, le groupe fête ses 10 ans d’existence. Le set est convainquant et le parterre déjà bien garni et pas uniquement par des potes du coin. Bien sûr, la chanteuse Soraya Hostens a pour mission de séduire le pit et elle emploie les grands moyens en l’interpellant souvent et en suscitant des oh oh oh. Par contre, son chant très chaud ne me paraît pas vraiment adapté au répertoire du groupe car plus typé soul ou funky. Glenn Hughes la recrutera t’il ? ;-)
Côté zikos, les soli en tapping et les claviers façon Mike Oldfield nous font passer un bon moment alors que la rythmique souffre d’un jeu de batterie plutôt pauvre.
La cover d’ « Enjoy The Silence » cartonne grave même si elle un peu exécuté poussivement. Le groupe a démontré que la Main stage n’était pas trop grande pour lui et c’est bien que la scène locale puisse se hisser au niveau des meilleurs.
Xyanosis débarque sur la scène découverte pour une prestation cyber/thrashy qui bien que gavée de samplers (vocaux et claviers) est très proche du public. Le chant écorché vif de Phil Profil prend bien aux tripes et le groupe ne passe pas inaperçu.
Coucou, Revoilou Koritni pour un set entièrement dédié à Gun ‘N Roses. L’idée est sympathique dans un festival. Il faut dire que Lex est un grand fan des Guns mais également de Van Halen dont il arbore fièrement un T-shirt.
Je ne sais pas si c’est le répertoire de Slash et consorts qui, étant d’une qualité bien supérieure à celui de Koritni, a dopé le groupe mais c’est le jour et la nuit par rapport à la prestation de la veille.
Les franco-australiens sont bien en jambes comme dirait Jeanmimi et Lex, oh miracle, s’adresse fréquemment au public.
Les tubes de Guns sont autant de coups de pied au cul et ça attaque très fort avec « Welcom To The Jungle » repris par toutes les poitrines. Faute de grive on mange des merles car s’ils n’ont pas le charisme d’un Slash ou d’un Axel Rose, ce Koritni là ne laisse pas passer l’occasion d’effacer l’impression mitigée de la veille.
Les doubles soli de gratte sont flamboyants (You Could Be Mine la BO de Terminator 2) . Evidemment les tubes comme « Sweet Child O Mine » (un peu trop hurlé à mon goût cependant) ou « Night Train » sont repris entièrement par le public.
L’intro style banjo de « Paradise City » est fort sympathique et donnera l’occasion à un slammer aux fesses dénudés d’ajouter à l’atmosphère bon enfant qui règne sur le fest à cet instant. La fin accélérée de ce morceau reçoit une ovation de la part du pit.
En définitive, il ne faut pas bouder son plaisir à réentendre ces titres cultes même si j’aurais aimé que l’entrain de Koritni soit à ce niveau quand ils interprètent leurs propres compos.

Le contraste est important avec Outcast sur la petite scène qui tente de faire digérer son Brutal Death inaudible à un public qui déserte très vite les lieux.
Seraphim démarre son show alors qu’Outcast est encore en train de jouer car le retard sur l’horaire devient conséquent. Nous le paierons très cher en fin de journée.
Profitant de leur participation au prochain Metal Female Voice de Bruxelles, les taiwanais ont fait un crochet par le RF pour y délivrer un Power Metal lyrique et exotique.
Malheureusement, la sauce ne prend pas car la très souriante et « bonne » chanteuse asiatique manque singulièrement de charisme. Elle tente des oeillades répétées vers le public qui reste de marbre et ses sollicitations peu appuyée en terme de « oh oh » demeurent sans réponse. C’est dommage car le groupe possède une paires de guitariste d’excellent niveau qui montre son talent quand le rythme s’accélère mais au niveau des compos, c’est également très moyen. Le mix privilégie trop la batterie dont la double grosse caisse écrase tout sur son passage. Seraphim ne me laissera pas un souvenir inoubliable.
Les premiers accords délivrés par Ufych Soormer donnent le ton à un set destructuré sur lequel des rythmes de Ska ou de Funky côtoient des passages Thrash Le son est redevenu très moyen avec des grattes trop aiguës et un chanteur que l’on n’entend pas sur le 1er titre. Le groupe bénéficie d’un excellent batteur et heureusement car les breaks de rythmique improbables, s’ils sont maîtrisés, rendent la production du groupe un peu difficile à capter.
Il rentrent tout juste de République tchèque et le RF est la dernière date de leur tournée, Misanthrope est visiblement heureux d’arpenter la scène du festival nordiste.
Après une intro aux samplers trippants le groupe balance très vite la purée grâce en particulier à une doublette guitariste/bassiste diablement efficace.
Un problème technique à la batterie coupe le groupe dans son élan sans qu’ils ne parviennent à meubler.
Heureusement ça redémarre après un « C’est réparé ! ! ! ! » digne de La Palisse et en growl dans le texte.
SAS De l’Argilière est un frontman pompeux (« Bonsoir, mes frères du Nord ») qui, à force de vouloir se la jouer spirituel, distille entre les morceaux des interventions méritant parfois de figurer dans les perles de la Sécu. La meilleure d’entre elle est sans conteste, un fabuleux « Ici, il règne un soleil irrémédiable ! ! ! » qui fera se tordre de rire bon nombre de festivaliers. L’esprit de JC Vandamme n’est pas loin mais nous sommes rassurés sur la pérennité de l’astre de nos jour. Notre descendance est donc assurée éternellement de bénéficier de l’énergie solaire.
Le jeu de basse de Jean-Jacques Moréac se révèle proprement impressionnant sur « Le Haras d’Amazone », un tantinet plus heavy et groovy que les autres titres du groupe.
L’intro aérienne de « Conversation Métapsychique » est accompagnée très volontiers de tapage de mains par un public qui accroche bien au set des français. Le solo de gratte d’Anthony Scemama est particulièrement techniquement avant une reprise aérienne de basse délivrée par un JJ au sommet de son art.
Je regrette la surabondance de samplers de claviers que je préfèrerais exécutés par un vrai claviériste fait de chair et de sang.
« Misanthrope est immortel et Misanthrope est idéal » continue S.A.S. avant de nous demander si le Metal coule dans nos veines ?
Désolé mais malgré des qualités vocales indéniables, ce frontman me fait un peu pitié tellement il flirte avec le ridicule mais fort heureusement, comme celui-ci ne tue pas, le show continue avec toujours autant de puissance.
Les disciples de Molière sabrent le champagne sur un ultime « Batisseur de Cathédrale » dont le blast beat met le pit en délire.
Je n’accroche pas trop à ce style de Metal mais, un peu comme pour BBA la veille mais, cependant à un niveau inférieur, je dois reconnaître l’efficacité toute redoutable du combo et l’emprise qu’il parvient à avoir sur des fans indulgents car acceptant d’entrer dans le trip emphatique de S.A.S.
L’ingé son de la petite scène refait à Shannon le même coup que pour Ufych Soomer et dieu c’est que ça fait ridicule un chanteur que l’on n’entend pas pendant une bonne partie du 1er titre, sa voix arrivant brusquement au milieu de la chanson.
Le groupe balance quelques titres de Hard Rock assez inspirés mais (et là, ça n’est plus la faute de l’ingé son), le chant d’Olivier manque de puissance pour accompagner une section rythmique de plomb. Le set est donc sympa mais sans atteindre les sommets.
Cette année; le RF se permet un petit détour par la Suisse avec la venue de Gotthard, le groupe phare de ce pays que l’on a rarement vu cependant dans l’hexagone.
La journée du dimanche a été bien moins dense que celle de la veille mais avec ce groupe, ça prend un magistral coup d’accélérateur même si par contre, le timing prend 10mn de retard en plus pour cause de balance laborieuse.
Emmené par Steve Lee, un frontman très charismatique, le groupe cueille par un direct en pleine tronche un public qui n’attendait que ça. Le Hard Rock à tendance FM du groupe est très carré et puissant. Gotthard est une vraie bête de scène et en prend possession sans aucune hésitation.
Tous les membres du combo payent de leur personne pour donner du spectacle et comme ils ne sont pas manchots, tout est réuni pour que l’on passe un excellent moment tout au long des 14 titres très accrocheurs contenus pratiquement tous dans leur dernier CD Live.
Steve Lee est fier de défendre les couleurs d’un pays pas spécialement reconnu pour son Metal car il arbore une ceinture dont la boucle est ornée de la croix suisse. Il nous dit que venir au RF, c’est comme si c’était Noël pour eux et on veut bien le croire tant le groupe paraît heureux et motivé. Dès « Top Of The World », il escalade les enceintes afin d’être le plus proche possible de son public et ça marche.
Pour la ballade « The Call », Leo Leoni revient sur scène avec une gratte à double manche façon Jimmy Page alors que Freddy Scherer exécute un solo provocateur. On le sent, ces mecs sont un brin poseurs mais sans outrances ce qui donne vraiment un bon show.
Les riffs sont très ronds et gras et la cover de Hush (Deep Purple) est presque méconnaissable car balancée sur un rythme funky breaké. Les Nananana de ce titre sont bien entendu facilement repris en chœur par le public. La fin de ce titre donne l’occasion au duo de gratteux de se la péter avec en particulier Leo Leoni aux allures de Kaï Hansen en plus enrobé, qui nous gratifie d’un solo « a capella » pendant que Hena Habegger rafistole ses fûts avec du sparadrap.
La patte Aerosmith est très présente sur « Sister Moon » baigné d’harmonica et celle de Survivor imprègne « Domino Effect » mais on ne peut parler de plagiat.
Stevese la joue Rober Plant sur le Rocky « Make My Day » et aussi « Domino Effect ».
Dommage que , comme souvent les claviers soient inaudibles (All We Are) ce qui n’est pas le cas de la batterie assurée par un cogneur infaillible.
« Dream On » (rien à voir avec le tube d’Aerosmith) est basé sur un riff entêtant fait d’harmoniques artificielles alors que « Lift U Up » repose sur une rythmique de batterie hyper simpliste mais bandante qui n’est pas sans rappeler le célèbre « Rock And Roll » d’un ancêtre du Glam Rock, j’ai nommé Gary Glitter.
Gotthard termine son show par un Mid qui, loin de calmer le pit, l’achève sur un son énorme renforcé par des claviers symphoniques revenus comme par magie au 1er plan du mix.
Pas de doutes, ce groupe est vraiment une pointure et, l’humour en moins, aura quand même cartonné aussi grave que Axxis l’année dernière dont le set avait été inoubliable.

Un dernier tour vers la petite scène nous emmène à la découverte d’Amphytrion, un groupe de Black symphonique déstructuré misant beaucoup sur le look et recelant en son sein 2 meufs dont une au look égyptien.
La prestation du groupe est intéressante quoique plutôt froide vis à vis du public. Elle complète bien la variété des genres présentés tout au long du week-end sur cette scène où, malgré pas mal de réglages techniques malheureux, la qualité a été plus régulièrement présente que l’année dernière.
On les disait un peu en perte de vitesse et aussi, souffrant de la très vive concurrence imposés par des groupes comme Epica ou Within Temptation. Pourtant After Forever occupe la 2ème place sur l’affiche. Comme beaucoup de groupes de Female Metal Lyric, AF jouit d’un prestige important en France. L’accueil du public montre immédiatement que les néerlandais jouent pratiquement à domicile ce soir. Le son est désormais remarquable et le mix met bien en valeur le chant sibyllin d’une Floor Jansen que j’avais connu bien plus enrobée lors de prestations précédentes. La belle s’est remarquablement affinée et, vêtue toute de rouge et de noir, est redevenue la diva enchanteresse que l’on connaissait.

Le groupe est en grande forme car Sander Gommans est enfin de retour sur scène après des problèmes de santé et ils sont tous prêts à en découdre.
C’est une valeur sûre qui lance vraiment ce concert en la matière de « My Pledge Of Alliance part1 » dont les rythmes orientaux captivent comme à chaque fois un public conquis. Des avions en papier se mettent à voleter dans le ciel nordiste.
Les claviers sont de plus en plus présents dans la production d'’AF qui devient plus directe et commerciale comme le montre leur dernier single « Energized Me » aux accents Pop Rock affirmés. Les lights se font magiques pour accompagner le rapide « Transistory ».
Les hollandais deviennent un brin poseurs sur « Digital Deceit » avec Joost Van Den Broek qui se pointe au devant de la scène, claviers en bandoulière et Sander qui prend des attitudes de Guitar Hero.
Floor quitte brusquement la scène sur Yield laissant ses compères clore ce morceau et enchaîner après un blanc sur un titre instrumental visiblement imprévu. Celle-ci revient pour « Beyond Me » mais quitte de nouveau la scène pendant les growls de Sander. Ca n’est pas dans ses habitudes mais nous ne saurons pas si elle a été confronté à des problèmes techniques ou physiques.
Le show n’en souffre pas trop et repart très fort avec un «De-Energized » très heavy sur lequel les arpèges de gratte donnent une nouvelle couleur à la musique d’AF tout comme le twin solo d’ Equally destructive.
« Time Pass Too Fast In France » nous dit le belle Floor en intro d’un « Forlorn Hope » qui la voit chanter seule tout au bord de la scène le passage calme et parlé de ce morceau.
Le set se termine de façon surprenante par un titre très ancien « Follow In The City » sur lequel Sander tourne autour de la sirèene de ce soir avant qu’elle ne s’adosse à lui pendant qu’il chante à son tour. Quelques mesures de « Ain’t Talk About Love » de Van Halen donnent un peu de fun à ce morceau avant que les Bataves ne soient acclamés par un pit bien garni et gâté par cette prestation d’une très grande qualité.

Il se fait tard et la mise en place du matériel de Therion ainsi que les balances prennent un temps considérable. A tel point que le groupe entre en scène avec pratiquement une heure de retard sur l’horaire. Le public ne montre pratiquement pas de signe d’impatience tellement il est heureux de voir les suédois dont les prestations live sont toujours excellentes mais aussi très différentes d’une tournée à l’autre.
La déco de scène me rappelle celle de Heaven And Hell avec des grilles de part et d’autre de la batterie et aussi des chandeliers en fond de scène.
Le groupe s’est séparé une fois de plus de son chanteur car ce brave Mats Levén s’en est allé sous d’autres cieux. Il est vrai que Therion n’a plus jamais eu de chanteur attitré dans son line-up depuis que Christofer Johnsson a renoncé à éructer et il se présente ce soir avec 2 chanteurs (Thomas Vikstrom, Snowy Shaw) et 2 chanteuses , (Lori Lewis et Katarina Lilja) pour un ensemble vocal très complémentaire et dynamique.
Dès le 1er morceau, les 2 chanteurs se mettent à haranguer la foule, juchés sur les enceintes situés dans la fosse aux photographes alors que les 2 chanteuses se cantonnent en fond de scène.
« Schwartzalbenheim » met en lumière les 2 chanteurs alors que « The Blood Of Kingu » est taillé sur mesures pour les 2 voix féminines.

Le ton est donné pour ce show pendant lequel les 4 vocalistes ne cessent d’alterner leur chant, de s’opposer où aussi de s’allier pour des duo masculins et féminins ou mixtes.
« Falling Stone » dont l’intro a é té occultée, donne l’occasion aux gratteux de prendre leur part de gâteau à coup de soli réciproques décoiffant (sauf pour les cheveux des 2 chanteurs qui sont tellement bétonnés de gel qu’on ne risque pas de voir une seule mèche battre au vent). La fin de ce titre est chantée à 4.
Les sollicitations du public se font plus fréquentes et le rythme mid et martial de « An Arrow From The Sun » est marqué par les claquements de mains du pit.
Pourtant, du quatuor, le Blond gominé Snowy Shaw semble bien tirer la couverture à lui n’hésitant pas à carrément empoigner le coude ou le cou de ses confrères pour les placer là où il le juge le plus opportun comme une maîtresse de maison le ferait à table avec les invités de la communion de son fils. Il chante également les parties Death et s’offre aussi un duo très romantique avec la rousse Katarina Lilja sur « Son Of The Sun », plaçant sa main sur le ventre de sa partenaire puis s’agenouillant devant elle jusqu’à un bisou final très digne. Il vole ainsi la vedette sur 3 titres consécutifs avant que son rival ne revienne sur scène flanqué d’une cape pour « Seven Secrets Of The Sphinx ». Sur ce mid entraînant, le frisé aux allure de vampire provoquent le balancement des mains telles des vagues au-dessus des têtes et se permet le luxe de singer Laurent Blanc en posant un bisou délicat sur le crâne chauve de son guitariste. Sur « Muspelheim », Kristian Niemann réalise un solo de taré qui me laisse pantois.
Ca continue à bouger sans arrêt sur scène, zikos compris, et on se demande comment ils font pour ne pas se percuter car ça fait quand même pas mal de monde même si la scène est grande.
Malheureusement, ce bel entrain devient entrecoupés de problèmes techniques avec 2 coupures totales de son qui vont ternir cette fin de concert malgré la bonne volonté évidente du groupe et un solo de batterie improvisé sans ampli mais on sent bien que ça n’est pas la spécialité du batteur de Therion.
Bon, « The Rise of Sodom and Gomorrah», le titre mid-tempo oriental phare du groupe remet tout le monde dans le bon sens et met littéralement le pit en folie.
Celui-ci salive déjà de plaisir avant un rappel dont nul doute qu’il terminera de botter le cul aux festivaliers alléchés par ce concert de haute volée.
Oui mais voilà, à force de prendre du retard, de rappel il n’y en aura point ce qui est vraiment indigne d’une mega tête d’affiche telle que Therion.
Alors, ce 10ème anniversaire se terminera un peu en queue de poisson en laissant un goût d’inachevé.

Le RF grandit tout en restant humain et ça, c’est très bien. Par contre côté technique, il y a quelques progrès à faire que ça soit sur la grande ou sur la petite scène. En terme de timing, ça s’est malheureusement dégradé par rapport aux éditions précédentes.
Pas d’eau courante pour le camping et le parking bouché par d’énormes rochers « anti_gitans », la municipalité n’est pas non plus totalement exempte de reproches mais sachant qu’elle porte à bouts de bras ce Fest depuis 10 ans, il faut relativiser ces maladresses.
Mais, malgré cette objectivité qui fait ressortir quelques aspects négatifs, le bilan du RaismesFest demeure largement positif avec en particulier une affluence en hausse, de bonnes surprises musicales et ce, même si l'affiche paraissait moins alléchante que celle de l’année dernière mais surtout une qualité d’accueil et une sympathie générale ambiante que seuls les gars et les filles du nord savent dispenser sans compter. En plus, même la météo était clémente comme si elle voulait faire mentir la mauvaise réputation de cette région pas toujours gâtée sur ce plan là alors pas de doutes, nous reviendrons en 2008.
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