RAISMESFEST 2009

Live Report du RAISMESFEST 2009

12/13 SEPTEMBRE 2009




Putain déjà un an depuis mon dernier RaismesFest, Même si cette année, c'était un peu compliqué de venir avec en particulier un quiproquo avec l'orga, un déménagement récent en Touraine et un accès à Internet très réticent à obtenir
(ce qui soit dit en passant explique cette parution tardive du Live Report), il n'était pas question pour nous de rater ce festival de Metal en terre ch'ti.
Une fois de plus donc, la Belle au bois dormant du « Château de la Princesse » est tirée de son sommeil » par les riffs du RaismesFest.



Le temps de décapsuler quelques canettes en montant une tente récalcitrante et zouh; c'est parti pour Rozz, le régional de l'étape sur la scène découverte qui, à l'instar d'un ADX ou d'un Satan Joker,
a retrouvé la flamme d'antan pour se reformer après … 19 ans de silence, Un « Rien » un peu puéril à la Johnny laisse vite place à « Les légions du démon » sombre à souhait. Le tout jeune « Greg »
au visage d'ado à la gratte paraît presque incongru parmi des papy comme Marcel avec sa tronche de chef sioux mais n'est pas complexé pour autant, Le set est énergique et varié avec un son correct,
la preuve d'un retour gagnant assuré par les valenciennois,
On se tourne alors à 180° vers la grande scène pour découvrir … une louma, preuve que ce festival progresse techniquement bien que sagement chaque année, sans folie outrancière mais sûr de ses valeurs
basées sur la convivialité et la dimension humaine.
Dadabovic ouvre brutalement les hostilités en balançant un Hard Core puissant et barré; Il s'agit certainement du seul groupe de Metal à jouer en blanc, ce qui correspond à leur délire schyzophrénique
qui les incite à créer sur scène une ambiance d'hôpital psychiatrique dont ils sont les infirmiers fous furieux. Les breaks à la SOAD sont nombreux et le duo de frontman nous la fait un peu à la Black bombA
de par l'opposition de grunts graves et aigus. Un des comparses sur scène ne sert qu'à éponger le front du gratteux.
On regrettera la lourdeur de leurs chorégraphies qui rend souvent la transition entre les morceaux un poil longuette. Si les riffs sont mortels, le set est donc un peu décousu mais les malades dans la
fosse n'en ont cure et pogottent déjà joyeusement sur « Dada El Professor » ou le « Serum D'Hervé Rité ». A noter également une pointe d'ironie déplacée sur la disparition récente de Sim avec un irrespect
qui nous a dérangé.
« Paul Pau » est l'occasion de déjà mettre en place un « Wall of Death » dont on verra très vite ressortir le 1er nez ensanglanté du week-end,



Les 6 membres de Sad Syberia ont du mal à enchaîner après cette prestation nerveuse et leur Metal lyrique, sorte d'ersatz d'Epica, manque un peu d'envergure et de personnalité. La jolie voix de Jamie-Lee,
vêtue de dentelles à la Mylène Farmer, sera insuffisante pour émouvoir le pit.



La Main stage accueille les Irlandais de Stormzone et quand on sait que ce pays a fait s'épanouir depuis quelques années des groupes qui assurent, j'attendais beaucoup de leur prestation. L'unique album
est à l'honneur avec en particulier un « Stranger Things Have Happened » rocky à souhait mais sur lequel, le chanteur John Harv Harbinson est un peu en difficulté parfois. Des nouveaux titres sont également
au programme comme un « Death Dealer » à l'intro à la JJ Goldman mais bien plus musclé par la suite ou la ballade « Wasted Lives » appuyée par une basse décuplée. Les soli de grattes et les riffs lorgnent
plus du côté de Maiden que vers leurs glorieux aînés de Thin Lizzy. Le set est efficace même si ne donnant pas dans une grande originalité avec en particulier quelques stéréotypes dans l'animation de scène. N'empêche
que nous passons un bon moment en particulier sur un dernier morceau à tiroirs presque progressif.



Neonfly est grimpé sur la petite scène et, dans la continuité des irlandais, accélère cependant le rythme avec un heavy mélodique percutant en particulier sur un « Broken Wings » entraînant. C'est le 1er
concert du combo multilinguistique en France et, emmené par le frontman Tamas Csemez bien présent sur scène, on adhère très vite à des compos suffisamment alambiquées pour ne pas lasser. A cet égard,
l'ultime « Ship With No Sail » enfonce le clou en permettant au groupe de montrer toutes ses facettes à l'image de l'excellent guitariste Patrick Harrington.
Malgré le lobbying de Battlelore qui a l'impolitesse de commencer à jouer alors que Neonfly n'en a pas terminé, le pit demeure bien garni jusqu'au bout devant la petite scène et il a bien raison.
En effet, la prestation de Battlelore n'est absolument pas affriolante. Les finlandais sont au nombre de 7 sur scène mais quantité ne rime pas forcément avec qualité. De plus, le son du début de set est
vraiment pourri aussi le chant est noyé dans une sorte de bouillie sonore. Ils paraissent un peu ridicules dans leurs costumes de viking taillé hâtivement, un guitariste donnant tout bonnement l'impression
d'avoir revêtu un sac poubelle avec 2 trous pour les bras. L'occupation de la scène est très statique. L'opposition entre le chant clair de Kaisa Jouhki et les growls de Tomi Mykkänen est très classique
et si l'on sent que le propos est guerrier, la multiplicité des mid style « Manowar du pauvre » ne nous émeut guère.
Le public traditionnellement bon enfant du RF réagit pourtant favorablement et sort même une matraque en plastique dans les 1ers rangs pour marquer cette prestation. Tomi exhibe une majestueuse épée pour
« Storm of the Blade » mais en vain car nous avons déjà décroché depuis un moment.



C'est parti pour la détente avec un groupe atypique: « RAMONE ET PEDRO ». Les 6 Lillois surfent sur la vague actuelle du Rock/Metal français festif à savoir « on fait n'importe quoi sur scène pourvu qu'on
se fende la gueule ». Alors évidemment ça marche vis à vis des teenagers qui s'éclatent grave mais musicalement, ça n'apporte pas grand chose aux débats. Une parfaite transition cependant vers
« Ultra Vomit » qui piaffe d'impatience sur ... la grande scène.
« Sur CD c'est la boucherie, sur scène, c'est la boulangerie, vu le nombre de pains qu'ils font », c'est par ces mots que les nantais sont annoncés. Ultravomit, c'est un mix de grind et de punk, prétexte
à une mega déconnade faite de paroles parodiques et d'un jeu de scène déjanté.
Après une petite scènette pendant laquelle, le combo fait mine d'installer son matos et de faire les balances avec quelques riffs de classiques (Rage, Fear Factory etc...), le thème de Batman est balancé.
Le groupe entre en scène en parodiant les attitudes des grosses pointures du Heavy. Puis ça attaque très fort avec un « Dary Cowl Chambers » aux paroles débiles. Si le délire est permanent, on peut tout
de même constater que Foetus est un frontman bourré d'assurance et surtout doté d'un organe vocal remarquable. Alors que « Boulangerie Patisserie » donne de façon surprenante dans le FM, le show se poursuit
avec l'invitation à monter sur scène faite à Thomas, un kid qui s'exécute tout sourire pour «  Une Souris Verte ».
En guise de remerciement, les facétieux zikos le traitent de « Pauv' Connard » avant d'enchaîner avec un clin d'oeil à Gronibard pour « Prout de Cul ». Les classiques « Mountains of maths », « Quand
j’était Petit », « Je collectionne des canards (vivants) » font vibrer la fan base.
On a droit ensuite à la ballade morbide « Je ne t'es jamait autans aimé » puis à une cover de ,,, Calogira (comprenez Calogero repris façon Gojira!!!!) « Face à la mer » et enfin à un florilège de
détournement de pubs 70's.
Le summum du kitsch est atteint quand Manard, le batteur reprend « Confidence pour Confidence » de Jean Schulteiss avant d'asséner un solo de batterie faussement raté.
Le groupe obtient même de l'orga, fait rarissime, un rappel qu'il met à profit pour faire participer le pit sur le credo « C'est pas mal, c'était mieux là ».
Si on fait le plein d'humour, j'avoue quand même être surpris que ce groupe soit aussi haut sur l'affiche et ait bénéficié d'un tel temps de set car leurs blagues pachydermiques m'ont, à la longue un peu
lassé.



Changement total de style avec l'arrivée très timide sur scène de la chanteuse Kler Chacal et de son groupe « The Real Nelly Olson », Parfois, on constate que la scène transcende et transforme les gens,
Là c'est un vrai choc car dès les premières paroles, Kler se métamorphose en un mix de Pat Benatar, Suzi Quatro, Janis Joplin et oui, rien que ça. Cette fille a une Voix avec un grand « V » et donne
beaucoup de corps au Rock Garage accrocheur de son groupe. C'est brut de décoffrage mais d'une efficacité redoutable comme le démontre un « Bullshit » dévastateur. Un vrai bon moment de R&R comme on
les aime.
On ne change pas trop de crémerie quand Pat Mc Manus, l'âme de Mama's Boy, Celtus et High Voltage se pointe sur la grande scène. Le R&R et le blues sont de rigueur. Pat rappelle incroyablement son glorieux
aîné, Rory Gallagher (qui nous manque trop!) dans un même style musical et irlandais comme lui. Le virtuose délivre moult soli sur une rythmique bien sage mais carrée de chez carrée délivrée par ses 2
compères Gordon Sheridan et Paul Faloon. Le trio affiche une banane tout au long du set qui fait plaisir à voir et on rentre très vite dans ce groove classieux. Impossible de tenir en place sur un « Low Down Dirty Circle » à la cadence infernale.
Pat nous la fait même un peu à la Hendrix en doublant parfois son chant à la guitare et me procure mes premiers frissons musicaux de la journée, il était temps!
Sur « Black Listed », la Paul Reed Smith frôle la surchauffe avant que Pat ne sorte le violon pour un morceau traditionnel irlandais bien entraînant. Il nous annonce de façon amusée « une version cheap »
de Led Zeppelin lorsqu'il se lance dans une impro utilisant son archet de violon sur sa gratte à l'instar d'un Jimmy Page, revisitant au passage, le thème d'ET: sympa!
Encore un petit tour du côté d'Hendrix pour un « Email Blues » graisseux avec le solo


à la wah wah, la guitare derrière la tête puis Pat reprend l'instrumental de Mama's Boy « The Professor » qui est également son surnom. Sur la fin du show, le sieur McManus fait beaucoup plus participer
le public, entrecoupant même « Needle In The Groove » de chant de supporters de foot. Une belle prestation qui tranche fort opportunément avec le faible niveau musical de la plupart des groupes précédents.



On revient à du Hard Rock couillu avec Abinaya encore que doté de parties de tam-tam qui lui donne parfois un petit côté tribal. Les 5 membres du groupe sont très lookés et s'appuyent sur une solide
rythmique comme pour « Corps » le titre éponyme de leur tout récent album. Le percussioniste n'étant pas mis à contribution systématiquement, il entrecoupe ses parties musicales par des mouvements
esthétiques de capoeira du plus bel effet. Voici encore un groupe de talent sur cette petite scène qui décidément en est fort bien doté cette année.
Axxis avait créé la surprise il y a 2 ans avec un super show de Heavy Mélodique pendant lequel Bernhard Weiss s'était amusé comme un petit fou avec ses anti-sèches écrites dans un français approximatif
et en faisant monter une blonde sur scène qui n'avait pas usurpé sa couleur de cheveux. Axxis avait donc marqué les esprits et on s'en souvenait très bien … trop bien peut-être? Car si le show est encore
une fois très bon, quelle ne fût pas notre déception de voir Bernd refaire exactement les mêmes facéties, comme si c'était la première fois. Alors forcément, la magie du RF2007 n'y était plus. Heureusement
que musicalement, le groupe assure, s'appuyant en majorité sur les titres rapides de ses derniers albums, Le set démarre très fort par les accrocheurs « Utopia » et « Blood Angel » enchaînés. Notre plaisir
monte d'un cran sur « Lady Moon », extrait de « Paradise In Flames » notre album préféré.


Sous le coup de la déception généré par le départ sans tambour ni trompette de Lakonia, le groupe a manifestement tiré un trait sur l'apport d'un chant féminin mais sur ce titre, les choeurs
sont très amputés de cette absence et c'est bien dommage. Bien que nous n'en soyons pas des inconditionnels, quelques choeurs samplés auraient été appréciés. Le groupe assène un « Fass Mich An » endiablé
chanté dans leur langue maternelle avant donc l'intermède habituel avec cette fois ci la brune Florence sur scène. Bernhard la baptise Rockstar et lui tend un tambourin en précisant qu'il s'agit d'une
batterie de Heavy metal. Bon, rien de bien nouveau donc mais ceci est le prétexte à un intermède acoustique bien agréable dont on retirera un « Touch The Rainbow » teinté d'accent créole.
L'arabisant « Doom Of Destiny » marque son auditoire et le groupe assure un rappel avec le surprenant « Little War ». Il ne faut donc pas bouder son plaisir même si, l'effet de surprise ne jouant plus,
cette prestation montre Axxis sous un jour un peu plus conventionnel.



Voici qu'arrive la tête d'affiche de cette première journée avec le MSG de l'ombrageux ex guitariste de Scorpions et UFO et du réputé frontman Gary Barden. Si Michael n'est pas aussi glacial que son
prédécesseur sur cette scène, Uli John Roth, force est de noter que les musiciens sont très attentifs à suivre le maître, témoin les nombreux coups d'oeil que lui porte Gary . Pourtant Michael ne regarde
que sa gratte, presque cassé en 2 tellement il est penché au-dessus. L'ambiance n'est donc pas franchement communicative et la mayonnaise ne prend pas vraiment.
D'ailleurs ça démarre très poussivement avec même un pain de Gary sur une reprise de chant mal à propos qui laisse cependant Michael de marbre. La sécurité fait la chasse aux reflex même sans flash proches
de la scène car ce brave Michael a donné des consignes très strictes: ridicule!!!!
« Rock The Night» et « Ready To Rock » éveillent un peu d'intérêt mais le statisme du groupe sur scène n'aide pas à créer une véritable ambiance R&R.



Sur « A Night To Remember », une pétasse blonde de service vient sur scène pour tenter de chauffer vainement le pit. Elle finit pas être évacuée par les roadies lorsqu'elle s'attarde trop longtemps auprès
de Michael Schenker.
Les compos prévisibles voire vieillissantes s'enchaînent sans saveur et il faut attendre « Attack Of The Mad Axeman » pour vraiment taper du pied alors que Michael délivre un solo de ouf qui ne lui arrache
pas l'ombre de sourire. On est à des années lumières d'un Pat McManus, c'est sûr.
Le rappel s'appuie sur les valeurs sûres que sont « Doctor Doctor » et « Rock Bottom » sur lequel Gary Barden paraît à la peine mais la messe est dite et MSG ne nous laissera pas un souvenir inoubliable.



On se rassemble autour du réchaud à gaz des Loulous pour se mettre dans la panse leur fameux cassoulet à la moutarde. Eh oui, c'est qu'à venir tous les ans, on finit par se faire une bonne brochette de
potes, c'est ça aussi le RaismesFest.
Si l'estomac est plein, par contre, musicalement parlant nous restons un peu sur notre faim après cette première journée.
Dimanche matin et là un point noir: A vouloir mieux structurer le petit-déj en le servant au bar, les organisateurs ont décuplé le temps d'attente pour obtenir un malheureux gobelet de café. Il va falloir
lancer une souscription pour leur acheter 2 gamelles supplémentaires afin d'augmenter les cadences de service. Mais ne tirons quand même pas sur le pianiste car offrir cette collation est un vrai geste de
ch'ti, le Nord ayant l'hospitalité bien chevillée au corps.
Les premières mesures de « Pull Me Under » de Dream Theater nous attirent devant la petite scène pour les belges de Maxpie mais il s'agit d'un pétard mouillé car le morceau n'est pas joué en entier mais
surtout, cette prestation n'est pas spécialement mémorable.
Si le premier morceau est plutôt sympa avec de bonnes parties de gratte, les autres donnent dans une sorte de Metal Progressif un peu bordélique avec des compos alambiquées mais dont les changements de
schémas sont difficiles à suivre. Plus le set avance et plus Tony le chanteur est à la ramasse. Il finira par massacrer la cover d' « Enter Sad Man », un sacrilège.
Côté Mainstage, c'est Aone qui se pointe sur une intro samplée à la gratte sèche interminable « The Hope Of The Revival ». On nous avait annoncé les lillois comme étant un groupe de Metal Progressif mais
en l'occurrence, il s'agit plutôt de Death progressif. Nous avons eu du mal à accrocher aux parties chantées justement car le chant clair n'était pas très assuré. C'est bien dommage car, musicalement le
groupe démontre un bon bagage technique. Les morceaux sont cependant très inégaux avec des enchaînements douteux comme un passage de sèche joué par le frontman (mais pourquoi ne joue t'il pas l'intro
alors?) en plein milieu d'un Blast. Une autre partie de sèche un peu médiévale suivi d'une reprise mid musclée constitue le meilleur moment de ce set inconstant.



Si les réveils sont souvent difficiles au RF le dimanche matin, force est de constater que les premiers groupes de la journée ne nous aident pas. Obszön Geschöpf ne déroge pas à cette règle. Le Metal
Indus à la batterie samplée des boulonnais hypnotise mais dans le mauvais sens du terme car trop linéaire. Le chanteur est vocalement très éloigné de ce que le groupe produit en studio et même s'il paraît
par moments possédé quand il ne glaviote pas sur les premiers rangs, cela ne suffira pas pas à nous désembrumer le cerveau.
C'est un peu facile de recueillir le succès quand on est un groupe de covers cependant, les belges de Machine Gun possèdent ce petit quelque chose qui leur permet de proposer la discographie d'ACDC sans
sombrer dans le ridicule.
D'ailleurs, le groupe ne se contente pas de reprendre comme beaucoup, uniquement les titres de la période Bon Scott et inclus même dans son répertoire « War Machine » et « Rock’n’Roll Train » tirés de
« Black Ice » le dernier album du groupe. Ils ne singent pas non plus le jeu de scène ou le look des australiens alors on s'abandonne sans difficultés à notre plaisir d'entendre le répertoir d'ACDC aussi
bien repris.
Il faut dire que Pat, le frontman est excellent avec son timbre de voix plutôt Brian Johnson et une présence scénique au top sans toutefois en faire de trop. Il passe même devant les enceintes pour
tutoyer son public quand son guitariste ne lui glisse pas le manche de sa gratte entre les jambes. En fermant les yeux et à l'écoute des bombes H que sont « Back In Black », « TNT », « High Voltage »
ou encore l'incontournable « Highway To Hell » on se console aisément de ne pas avoir eu le fric pour s'offrir une place « hors de prix » sur la dernière tournée d'ACD ».
Voilà bien ce qu'il nous fallait pour enfin entrer de plain pied dans cette 2ème journée du festival.



Dûr pour Novagreen d'enchaîner d'autant plus que le trio parisien n'en est qu'à son second concert.
Pourtant musicalement, c'est plutôt du bon Thrash mélodique avec quelques soli bien acérés. Par
contre, Thom semble chanter trop loin du micro aussi son chant ne ressort pratiquement pas. Il y a forcément encore du travail mais cette prestation est encourageante.
Ah! voilà un combo que je revois pour la 4 ème fois en 5 ans dans des circonstances à chaque fois différentes. Il s'agit des lyonnais de Kells. Ce groupe en veut beaucoup et son impressionnante
progression les amène sur la Main Stage cette année, alors que comme l'indique Virg', c'était sur la petite scène que le combo avait évolué précédemment au RF. La chanteuse mise beaucoup sur le look
avec une très jolie tenue particulièrement avantageuse dans une association de couleurs grise et noire qui ne laissera pas sans réaction un public charmé (d'autant plus qu'elle fera tout le concert avec
la braguette de son short ouverte!!!!).
Après 2 titres plutôt mélodiques, Kells lâche les fauves avec un « Délivre-moi » sévèrement burné que Virg dompte vocalement sans sourciller. Le mid « A l'aube » enfonce le clou et sous l'effet des
décibels (ou plutôt du vent!!!!), la bâche de fond de scène commence à se détacher mais conséquences heureusement.
Avec « Mes rêves », la rythmique gavée de samplers et de nappes de claviers goth s'affirme encore plus. La cover de Kim Wilde « Cambodia » est beaucoup plus indigeste, la faute à une gratte mixée
beaucoup trop en avant qui écrase le côté mélancolique de ce titre. Pat en profite pour se risquer à un court solo malheureusement entaché de quelques pains.
« La Sphère » nous donne l'occasion d'entendre les growls samplés de Candice (d'ETHS) sur lesquels, le chant clair de Virg' fait merveille. Ce sera malheureusement le dernier titre de ce set car « Lueurs »
le titre éponyme du dernier CD ne sera pas joué, à la demande de l'orga soucieuse de respecter son timing mais on verra plus loin que la défection de Karelia aurait permis ce dernier morceau sans problèmes.




Retour à la scène découverte pour Fairplane avec Will, un chanteur qui a des airs de Manuel Munoz (The Old Dead Tree) mais qui donne dans un tout autre style: le Stoner/Grunge. La prestation est très
convaincante avec un « We were Friends » introductif bien entraînant à la fin duquel Will confirme que « Venir au RaismesFest, c'est bienvenue chez les ch'tis, C'est la première fois qu'on vient dans
le Nord. Merci à l'orga et à vous, je suis très touché!!! ». Un hommage vibrant, simple et sincère pour cette région hospitalière par excellence et qui le mérite bien. Avec « I Am God », Fairplane
alourdi le tempo en intégrant des effluves de Blues et de Rock, certainement leur meilleur titre joué ce jour là. Incluant une cover de Nirvana, le set des parisiens recueille tous les suffrages
sans problèmes.
Il est temps de se réorienter vers des rivages plus extrêmes même si cette année, le RF n'a pas réservé autant de place à ce style. Dylath Leen est bien décidé à en découdre, d'autant plus que les
cambrésiens fêtent leur 10ème anniversaire. Il s'agit encore d'un groupe à voix féminine (il seront nombreux en ce dimanche: Qui a dit que le Metal était un monde de machos?).
Par contre, on est
très loin de Kells puisque la jolie Kathy éructe des grunts semblant émaner des tréfonds de l'univers torturé et parano de Lovecraft. Par contre comme les lyonnais, il s'agit d'un groupe qui s'est
incroyablement affirmé depuis que je les avais découvert au détour du festival d'Hirson en 2004. Si le line-up s'est allégé, les propos du combo se sont eux bien alourdis, témoin ce « Buy Me A Smile »
initial à la rythmique plombée qui démontre toute la facilité qu'a Kathy pour alterner avec bonheur chant death et clair.
Malheureusement, ces perf vocales sont desservies par quelques problèmes
techniques en particulier sur « The Awakening », un titre extrait du 1er CD du groupe. Pour fêter cet anniversaire, Stéphane Buriez (Loudblast), leur producteur attitré, était annoncé mais c'est
finalement Ludovic Loez de Sup et Tibo d'In Memory Off qui rejoignent Dylath Leen sur scène pour marquer l'évènement. La complicité musicale et toute fraternelle entre ces invités et le groupe crève
l'écran et d'ailleurs Tibo a co-écrit avec le groupe le titre sur lequel il intervient. Le Death des nordistes n'est pas gavé de rythmiques speedées et se retrouve parfaitement bien résumé sur
l'ultime « Frozen Reflect in a Broken Mirror ». Ce morceau est puissant mais demeure empreint d'une certaine mélancolie qui s'effrite parfois à coup de Blasts. Dylath Leen vient encore de démontrer
qu'il est une valeur sûre du Death Metal français voire international désormais.



« Beyond The Labyrinth » investit la petite scène pour un show d'heavy mélodique et progressif sans grande inventivité mais qui passe tout de même assez bien. Jo De Boeck
possède un chant qui rappelle un peu Tommy Shaw de Styx.
D'ailleurs les compos des belges n'y sont pas pour rien à l'instar d'un « In Flander Fields » qui fait penser aux morceaux les plus prog
du groupe US. Décidément, cette scène découverte aura souvent fait jeu égal avec la Main Stage ce week-end. Est-ce son niveau qui est en grande progression ou celui des pointures qui serait d'une
façon général un ton en dessous des autres années? Sans doutes un peu des 2,
Alors que nous étions en train de nous faire cette réflexion, le groupe suivant allait abonder dans notre sens, bien malgré lui. Il s'agit du plus gros couac du festival. Alors qu'ils jouaient depuis
à peine 1mn, Karelia a dû jeter l'éponge et annuler son show, la faute à une boîte à samples qui a cramé!! La nouvelle orientation musicale electro du groupe a joué contre lui car les alsaciens se
sont refusés à tenter de jouer sans ces artifices numériques.
Il est quand même regrettable que les samples soient devenus tellement prépondérants qu'on ne puisse plus rien faire sans. Le groupe
n'a rien tenté en guise de palliatif « Car on ne peut pas jouer avec un tambourin et un banjo!!! sic!!!! » et c'est là qu'on se prit à regretter que Kells ait été amputé de « Lueurs ».
C'est donc tous surpris que les comparses de « The Last Embrace » ont vu revenir les festivaliers vers eux alors qu'ils venaient de commencer leurs balances.
Voilà un groupe que nous attendions avec impatience pour les avoir chroniqués sur les accros à l'occasion de l'excellent CD « Inside » et souligné à l'époque leur parenté avec des groupes comme
Anathema.
Un peu comme pour « The Real Nelly Olson » mais dans un autre style, la toute fragile, diaphane et menue Sandy se métamorphose tel un papillon sortant de son cocon dès que les premières notes de
son chant sibyllin se font entendre. Certes la prod n'est pas au top au début du concert et la chanteuse souffre un peu de l'absence de retours mais elle exécute avec une vraie maestria le magique
« Somewhere In The Dark Rain », Les musiciens du groupe et en particulier Coco le claviériste et les 2 gratteux sont au diapason pour recréer la magie des CD comme sur un « Serotonine » aux soli
pleins de sensibilité.
Le paroxysme est atteint pour « Into The Vortex », un titre joué pour la première fois sur scène et qui vaut son pesant d'or. Chaque montée de chant nous procure des frissons
et les accélérations propulsées par la guitare puis un orgue Hammond décapant sont proprement jouissives. Il s 'agit certainement d'un des meilleurs set du week-end toutes scènes confondues alors
on se dit que TLE mériterait d'emboîter le pas à Kells et de fouler à son tour la Mainstage comme c'était le cas en 2004.



ADX est ressorti du placard depuis 3 ans pour le plus grand plaisir des nostalgiques du Metal français des 80'S. On ne les avait pas vu très à leur avantage au Hellfest, sans doute la dimension du
festival était-elle un peu trop grande pour leur Hard Rock franchouillard teinté de Thrash.
Le Raismesfest, un festival à taille plus réduite, semble beaucoup mieux leur convenir de par son côté plus bon enfant. ADX a d'ailleurs choisi cette occasion pour filmer un DVD, Ils ne paraissent
pas impressionnés par l'évènement et au contraire, leur grande décontraction les obligera à s'y reprendre à 2 fois pour démarrer ce show, leur bassiste ayant tout simplement oublier de brancher sa
basse lol!!!
Les parisiens ont mis les petits plats dans les grands car dès « Caligula », des effets pyrotechniques en fond de scène viennent souligner l'évènement. Leur Hard couillus et direct prend direct à
la gorge un pit bien décidé à faire la fête avec le combo.



Forcément, leur dernier rejeton « Division Blindé » est mis en avant avec 4 titres joués dont la cavalcade Rock « A la Gloire De Dieu » et le devenu incontournable « Division Blindée ».
On s'immerge aussi dans tout le début de carrière du groupe puisque le 1er et le dernier titre de ce set sont « Caligula » et « Déesse du Crime », dépoussiérés et extraits de leur première grenade
« Exécution ». On retrouve avec délices les soli affolants en twin et en simple de « Mémoire de l'éternel » et de « Suprématie »,
En fait, seul l'album maudit « Weird Visions » chanté en anglais
et préfigurant le split est écarté de la set list. L'ambiance sur scène comme dans le pit est bon enfant, les zikos prennent beaucoup de plaisir à exercer le plus beau métier du monde, Personne
ne fait de « Résistance » et la cover de « La Bamba » ajoute un moment de folie au meilleur moment de ce show.
ADX n'est pas passé à travers et même si leurs compos sonnent très old school, leur sympathique retour au devant de la scène a convaincu.



En fermeture de la petite scène, il nous faut répondre « A l'Appel » de Wild Karnivor, un combo de Death technique dans lequel on retrouve le bassiste d'Aone et un ,,, saxophoniste!!! une sacrée
originalité anachronique, Le groupe mélange pèle-mêle les ingrédients Death, Core et Heavy en s'appuyant sur une rythmique en béton et réussit plutôt bien son examen de passage, Il faut dire que
les groupes extrêmes n'ayant pas été particulièrement à l'honneur, ils ne souffrent pas du phénomène de saturation que nous ressentons à chaque fois que ça bastonne trop systématiquement dans les
festivals.
Si « Pain » veut dire « douleur », c'est sans doute à cause de celle que se mettent à ressentir instantanément les photographes pressés dans le pit dès les premières mesures de la bande à Tägtgren,
Le son est incroyablement puissant aussi nos pauvres tympans, déjà bien éprouvés, se mettent à vibrer en résonance avec notre diaphragme abdominal et nous échangeons des regards incrédules.
Le groupe a autorisé les photographes à shooter pendant tous le set (au lieu des traditionnelles 3 premières chansons uniquement) et c'est très sympa de sa part mais peu d'entre nous résistera à
cette avalanches de décibels pendant tout le set.
Immédiatement, l'electro Indus des suédois met le pit en transe avec en guise de d'allumage de mèche « I'm Going In » et « Monkey Business », les 2 brûlots de « Cynic Paradise ».
Ca se met très à slammer grave sous le regard ébahi d'un blondinet au sweat Megadeath et juché sur les épaules de son père, c'est une déferlante de slammers qui affole la sécurité manifestement
pas préparée à cela et très rapidement en quête de renforts.
L'ambiance est électrique mais dans le bon sens du terme heureusement.
Peter calme les troupes avec un « Hate Me » au tempo plus lent avant de remettre les gaz avec un nouveau titre: le supersonic « I Don't Care » promis à un très bel avenir,
Avec « On And On », on s'approche des rivages « disco » et le pit se transforme en Dance Floor pour une fin de morceau apocalyptique.
Mais Pain est également taquin témoin cette cover d'Eleonor Rigby qui doit se faire retourner dans leur tombe John Lennon et Georges Harrison,



Peter et consors sont bien décidés à faire la fête car ils annoncent qu'il s'agit du dernier show de leur tournée,
Et c'est reparti pour le gothique « Same Old Song », un énorme mid à la Therion qui achève les kids.
Le facétieux Peter demande s'il y a des meufs dans le public puis leur dédit un peu flatteur « Bitch » qu'il conclut en précisant que « Dieu sait qu'on aime les femmes même si parfois elles se
comportent comme des s...!!! », Pain termine brillamment par le fédérateur « Shut Your Mouth » et démontre une fois de plus qu'il ne fait pas de quartier notamment en scotchant au sol leur technicien et en l'abandonnant à son
sort sur scène. Les suédois quitteront celle-ci manifestement très heureux d'avoir suscité une telle ferveur et sous les accents ironiques de « My Way »,



On aurait pu avoir Zakk Wylde mais à 50 000euros, ça faisait trop cher pour les organisateurs alors, ils ont dû se rabattre sur une valeur sûre en particulier au Raismesfest à savoir Epica pour
moitié prix.
Ben oui, pour ceux qui s'en souviennent, c'est au RaismesFest 2003 qu'Epica a joué son premier concert en France.



Alors revoilà la bande à Mark Jansen mais les ayant vu en mode « pilote automatique » au Hellfest en juin, nous craignions un peu pour leur prestation, Nous nous inquiétions pour rien car, au RF,
Epica a démontré au propre comme au figuré qu'ils avaient le feu sacré. En fait les Hollandais sortent la grosse artillerie à savoir un synthé pivotant façon Jordan Rudess (qui ne sera pas sans poser des problèmes aux roadies lors de son installation) et des chorégraphies
enflammées réalisées par les 2 charmantes demoiselles de la troupe « Flames Of Chaos ».
Et pour ne rien gâcher, le groupe est, contrairement à Clisson, au top ce soir. Les 2 derniers arrivants, le batteur Arïen Van Weesenbeek et le guitariste Isaac Delahaye (tous les 2 ex. God Dethroned)
sont bien intégrés et même apportent une certaine touche de technicité qui manquait au groupe.
Sur les 13 titres joués, 5 sont extraits de leur 1er CD ce qui indique combien le combo demeure attaché à « The Phantom Agony » et on doit reconnaître que cette galette était parfaite à l'époque pour
lancer Epica,
Ainsi « Illusive Consensus » succédant à un « The Obsessive Devotion » bien péchu, donne du corps d'entrée de jeu.


Malheureusement, les hollandais rencontrent quelques soucis comme la panne de l'écran géant mais surtout celle du micro de Simone qui sera meublé par un solo de batterie improvisé.
Qu'importe, le groupe assure et les flammes du Chaos font une première apparition très remarquée sur « Chasing The Dragon », un morceau gavé de changement de rythmes et de schémas mais Mark a décidé
de balancer les skuds, Alors il enchaîne avec un « Seif Al Din » survitaminé sur lequel on remarque un jeu de batterie bien plus élaboré que sur l'original, Les kids sont conquis en particulier sur
le break instrumental, « Mother Of Light » avec ses parties blastées ne relâche pas l'étreinte du groupe et Mark et Simone font preuve d'une grande complicité.
Les jeunes filles enflammées reviennent pour donner un côté « Therion » à « Fools Of Damnation ». Simone brandit vigoureusement une Hallebarde enflammée sur ce mid oriental bien pesant.



S'ensuit un « Cry For The Moon » sur lequel le chant de Simone est très en avant et les choeurs beaucoup moins présents que sur la version studio. Le groupe prend vraiment son pied à l'image de Coen
Janssen le claviériste qui s'amuse à frapper une cymbale d'Isaac tout en jouant sa ritournelle et même de Mark qui, oh miracle! se risque à un solo de guitare sur la fin du titre.
Ce dernier dédie ensuite « Sancta Terra » à une fan blonde qui, étant donnés les précédents avec Axxis et Ultra Vomit, grimpe sans hésiter sur scène en croyant avoir été invitée par Mark ce qui
n'était pas le cas, Celui-ci, surpris, lui dit alors « Tu peux la regarder d'où tu veux, mais cette chanson est pour toi! »,
La fin du show est proprement dantesque avec « The Phantom Agony » qui voit le retour des flammes sur scène et le pont central joué sur un rythme de disco: étonnant!!! Le groupe s'en va pendant les
longs samples emphatiques de la fin de ce morceau,
Pour le rappel, Simone fait jouer la corde sensible en rappelant l'histoire d'amour entre Epica, la France et le Raismesfest qui leur a donné leur première chance sur notre sol. En suscitant des
oh oh oh oh et en chambrant les kids, elle obtient une marseillaise chantée à gorge déployée par le pit,
Une ferveur parfaite pour lancer un « Sensorium » enthousiasmant, Le très progressif
« Consign to oblivion » annonce la fin du show. Il voit encore le facétieux Coen glisser quelques notes de la Marseillaise en plein milieu du pont instrumental central ce qui a le don de rendre
ilare ses compères pendant qu'ils distribuent des bouteilles d'eau à la cantonade,



Ce Raismesfest est apparu quelque peu en deçà des dernières éditions même si effectivement, les 2 têtes d'affiche de ce dimanche ont été à la hauteur et ont permis de terminer cette édition 2009,
plutôt ensoleillée, en beauté.
Quant à nous, après avoir serré dans nos bras tous les potes que l'on reverra forcément l'année prochaine, c'est certain, nous repartons vers la Touraine en repassant le film de ce RF et en supputant
déjà sur le programme de l'année prochaine.











[ Chroniqueur ] - Les Accros du Metal