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Depuis la dernière coupe du monde, j’éprouve un malin plaisir à entretenir des relations avec des brésiliens, allez savoir pourquoi
Alors, après quelques échanges d’email avec Carl Casagrande, un chanteur à la voix haut perchée, voilà que « Darkness And Light », le 1er météore du groupe brésilien « Scelerata », débarque enfin dans ma boîte aux lettres.
Evidemment, les 5 sud américains se posent en dignes héritiers de leurs illustres aînés à savoir Angra.
Ainsi, c’est tout naturellement qu’ils ont convié Edu Falaschi à pousser la chansonnette sur un de leur meilleur titre : « The Spell Of Time ».
A l’instar de leur référence, Scelerata n’a pas voulu se restreindre au côté Power du Heavy mélodique Speedé mais a souhaité y développer un penchant progressif qui leur permet de singulièrement étoffer leurs compos.
Je dirais que Scelerata y parvient avec un bonheur assez variable. Certains enchaînement sont à couper le souffle et d’autres sont plus laborieux. J’ai particulièrement kiffé « Adonai » dont les 8 minutes permettent de passer en revue toute la palette de couleurs musicales dont Scelerata est capable d’accoucher avec en particulier des passages très sombres et un final à 3 temps très sympa.
Egalement, un accordéon anachronique sur « Endless » apporte une touche légèrement barrée à ce titre pour un CD finalement assez éclectique.
En ce qui concerne le chant de Carl, il y a du très bon et du moins bon et il me semble qu’il se fait parfois prendre au même piège qu’Edu.
Je m’explique : A vouloir trop monter dans les aigus, il puise trop dans ses réserves et c’est pour ça qu’un « Holy Fire » chanté à la limite de la rupture sonne parfois un peu faux. Par contre, le lascard excelle quand il se maintien à un niveau intermédiaire dans les octaves et surtout assène des refrains imparables sans lesquels le heavy mélodique devient très fadasse. Il est particulièrement remarquable sur « Eminence », un morceau percutant qui a du slip ! ! ! et a lancé le groupe sur les bons rails. Egalement, il possède la chaleur nécessaire pour communiquer son pesant d’émotions sur un morceau trippant comme l’éponyme « Darkness And Light ».
J’ai parlé du chant très typé mélodique mais bien entendu, pour que la recette soit réussie, il faut des grattes brillantes et là, il faut dire que l’on n’est pas déçu.
Chaque titre est l’occasion de soli flamboyants faisant certes assez régulièrement appels au sweep mais quand même suffisamment racés pour que l’on s’y attarde.
Les riffs sont très inventifs également « Eminence », « Spirits Looking For… » et sont aidés par une section rythmique plombée bien mise en valeur par la production de Dennis Ward (Angra, Pink Cream69, Kreator).
Un mot aussi des claviers qui sont l’œuvre du bassiste Gustavo Strapazon et apportent beaucoup au point d’être omniprésents sur « Darkness And Light » et « Spirits Looking For… ». Cela m’amène à la même réflexion que je fais souvent pour Angra ou autres Gammaray : j’ai du mal à comprendre pourquoi ces groupes de heavy mélodique ne se dotent pas d’un claviériste à part entière qui leur éviterait de bombarder des samplers à tout bout de champ en concert.
Le combo a fait quand même attention à bien équilibrer cette galette et, pour éviter de se perdre en chemin, a inclus par exemple un court et rapide « Wings To Fly » au solo de twin guitars très Power et direct qui doit bien botter le cul en concert.
Pour un 1er CD, Scelerata est parvenu à convaincre même si certains péchés de jeunesse méritent d’être retravaillés. Cet album est donc à recommander aux fans d’Angra dont il est fortement inspiré.
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