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Ca fait un choc de chroniquer le dernier album de Gammaray juste après l’avoir fait pour Helloween.
Autant je ne donnais pas cher de la peau de la citrouille après le départ de Kai Hansen, autant, avec la sortie de « No World Order » en 2001, je m’était dit que l’élève avait supplanté le maître car Gammaray me semblait avoir toutes les cartes en main pour occuper le trône du Power Metal presque laissé vacant par Helloween.
6 ans plus tard, j’avoue être déçu et surpris de la récession subie par ce groupe.
Qu’est-ce qui nous a été livré depuis ? Un Double Live overdubé à outrance, puis un « Majestic » tout juste potable après 4 ans de silence studio et c’est tout.
Alors quand j’ai noté que le groupe nommait son nouveau bébé « Land Of The Free 2 » (le 1er volet étant le CD référence du combo sorti en 95), je me suis dit : « ou bien ce CD exploite sans vergogne le filon commercial légendaire du groupe, ou alors, il est tellement bon qu’il se retrouve tout naturellement l’héritier de cet opus culte ».
Malheureusement, il ne m’a pas fallut longtemps pour m’apercevoir que c’était ma première idée qui était la bonne.
« Land Of The Free 2 » est le 1er CD entièrement autropoduit par Gammaray et franchement, si ce choix est économique, ça n’est vraiment pas une réussite.
Le chant est largement sous-produit (From The Ashes). Remarquez, vaut peut-être mieux car il semble bien que ce brave Kai ne s’est pas bonifié vocalement avec les ans. Le son fait très daté et manque de puissance, la faute à une section rythmique sans aucun modernisme. Mais il est vrai que la production des teutons n’a pas toujours été le point fort du combo.
Les petits gars de Gammaray ont fait le choix de redonner la parole au Power classique avec les 5 premiers titres balancés comme s’ils étaient armés de mitraillettes mais, arrivé à la fin de « Rain », on en a un peu ras la casquette. A ce petit jeu là, la batterie de Dan Zimmermann est inconsistante et hyper linéaire.
Les seuls moments intéressants résident dans les soli de guitare (Into The Storm, To Mother Earth, Hear Me Calling) qui demeurent des valeurs sûres dans la production des germains.
Ca ne s’arrange pas par la suite car « Leaving Hell » est vraiment affligeant avec des parties vocales amorphes. « Empress » n’a aucun liant avec en particulier une partie acoustique médiévale sur tempo de grosse caisse façon disco qui n’est pas heureuse mais il y a pire avec ce solo de gratte qui ressemble à l’hymne de « Jeux sans Frontières ».
Pour essayer de donner un caractère guerrier aux songs, les chœurs symphoniques sont fréquemment employés dans les refrains (When The World, Insurrection) alors que les claviers sont beaucoup moins présents que sur les derniers CD.
J’avais déjà ressenti une gène sur des opus précédents à l’écoute de certains riffs trop évidemment pompés mais là, c’est encore plus flagrant sur des morceaux comme « From The Ashes », « Opportunity » ou « Insurrection » avec des parties de basses plagiant complètement Iron Maiden. Ceci dit, il est préférable de pomper Maiden que Jeux Sans Frontières.
Tout se passe comme si Gammaray avait soit sombré dans la facilité, ou était en panne complète d’inspiration.
Le groupe tente de se refaire sur un dernier titre épique de plus de 11 mn « Insurrection » dont la production semble avoir 20 ans d’âge mais ça traîne un peu en longueur et confirme le manque de conviction du groupe.
Après avoir quitté Sanctuary, Gammaray va devoir développer d’autres arguments pour continuer à séduire SPV.
Alors me suis-je trompé à l’époque sur le potentiel réel de Gammaray ou alors leur faut-il toucher vraiment le fond pour rebondir dans un prochain avenir comme vient de le faire Helloween ? La suite au prochain numéro.
Note : 11.0/20
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